Aller au contenu


* * * * *

Le récif de Tournesol

Récif en vue n°1


Il est moche mon vieux bac ? Je ne sais pas, parce que je l'aime. «C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante». Mon bac est donc unique au monde ! Alors, je vous laisse juges...

 2003-2012, histoire d'un vieux bac de l'eau, du sel … et rien d'autre !!

 

1. Il est moche mon vieux bac ?

bac de TournesolL'aquarium en 2003Photo : Stéphane OLLIER

Je ne sais pas, parce que je l'aime. « C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante ». Mon bac est donc unique au monde ! Alors, je vous laisse juges.

Si je vous en parle c'est parce qu'une activité professionnelle un peu excessive m'a éloigné des forums aquariophiles pendant plusieurs années.

En clair, je ne suis plus dans le coup et j'ai besoin de vos conseils pour le nouveau. Ce que je cherche dans un aquarium n'a pas changé, alors je vous raconte mon vieux bac pour que vos avis me permettent de peaufiner le suivant. Grâce à Deltek2000, que je ne remercierais jamais assez, je recommence à rêver aquario. Depuis des mois, je regarde mon aquarium avec tristesse en me demandant ce qu'il va devenir en déménageant, mais maintenant je retrouve le plaisir de cogiter sur un bac tout neuf, et dès que j'aurai un moment, je viendrai vous demander votre avis pour éviter les grosses bourdes.

Si je vous en parle, c'est aussi parce que, sincèrement, j'aurais aimé trouver à mes débuts un bac qui correspondent à MES attentes, et qu'il m'a fallu longtemps pour sortir d'une technicité qui ne me convenait pas et trouver une maintenance adaptée. Il n'y a pas un bac pareil. La philosophie du mien est un peu différente de ce que j'ai pu lire sur les forums simplement parce qu'elle est adaptée à MON mode de vie.

 

2. Objectifs

  • Désir de sécurité maximale pour les animaux.
  • Si possible pas de maladie, pas de galère.
  • Pas envie de toucher au bac tout le temps. Plutôt envie de le laisser vivre et de voir ce que la nature fait. De toute façon, un distrait qui bidouille, c'est dangereux !
  • Absences répétées, vacances avec les enfants.
  • Maintenance minimaliste et un peu aléatoire, mais sans risque inacceptable pour les animaux.
  • Je ne supporte pas l'idée que mes poissons aient faim … mais en même temps je suis convaincu que nourrir beaucoup permet la biodiversité.
  • Pas de problème pour m'interdire les espèces fragiles ou exigeantes.

Évidemment, avec ça ne comptez pas garder des SPS fragiles et ultra-colorés, mais du plaisir par compte oui vous en aurez, et des couleurs aussi malgré tout !

 

3. Les résultats

Je les estimais jusqu'à présent satisfaisants pour moi, j'en acceptais les limites mais je viens de subir mon premier crash alors que le bac a presque 9 ans (en Octobre 2012) et là, forcément, je suis un peu malheureux et pas très fier !

 

4. Les erreurs, les échecs

Le seul vrai pépin rencontré n'a rien à voir avec les solutions choisies, mais plutôt avec le fait que mes neurones collent de plus en plus … Les distraits ont-ils le droit d'avoir un bac ? C'est un autre débat. Une vanne déplacée, plus de retour entre la technique et le bac, donc plus d'oxygène juste en partant au travail. A mon retour tous les gros poissons ont la tête plantée dans le sable. Les petits flottent, déjà morts, mes anthias, mes viridis et mes dimidiatus (tiens, on m'avait dit que ça ne vivait que 4 ou 5 ans, je pense qu'ils en avaient bien 7), bref la cata et le désespoir. Un seul chirurgien est finalement mort : le japonicus. Les ocellaris et le chelmon pipaient de l'air en surface, ils vont bien. Restent donc les clowns, deux hepatus, un desjardinii, un chelmon, un flav et un lituratus à qui j'espère offrir une belle vieillesse sans nouvelle bêtise et un logement plus grand.

La lumière : changements insuffisants, il ne faut pas attendre en regardant les coraux pour savoir si les ampoules ont dépassé leur date de péremption. Les rares Acropora (choisis pour leur résistance), surtout dans un bac probablement riche en nitrates ne l'ont pas supporté. Pourtant je n'avais que des espèces solides. Bref, maintenant je fais sonner le portable pour les changements d'ampoules.

 

5. Les réussites

L'aquarium en 2005Photo : Stéphane OLLIER

8 ans sans algues ni maladie, encore maintenant et malgré 10 cm de sable jamais changé, jamais « tempêté », jamais nettoyé. Le dessus du sable est presque clair. Depuis 6 mois il y a pas mal d'algues, qui plaisent bien d'ailleurs à mes deux Oursins. Ceux-là ont bien supporté l'anoxie ! Mais je n'ai pas encore vu un corail en souffrir, Juste une branche de gorgone qui est recouverte d'algues, mais comme j'en ai une vrai forêt, ce n'est pas grave (je donne de la gorgone à tous ceux qui veulent venir à Luzarche le mercredi).

Jamais une maladie, ou seulement 48h et guérison spontanée. Pas de perte recensée sur les poissons avant l'accident, seulement quelques pertes par «prédation naturelle» et un échec lors de l'introduction de kauderni. Une ophiure apparue seule au début dans le bac a fini par faire 60cm, je l'ai laissée. Mais elle se servait en attrapant des poissons. J'ai donc dû intervenir après l'avoir vu chasser (un Cryptocentrus cinctus roulé dans un gros nœud de pattes). Avant je ne comprenais pas !

Le calme, la paix, pas de baston entre les poissons très bien nourris. Ce n'est pas le grand amour entre les deux gros hepatus mais je ne vois jamais un coup de queue et ils mangent côte à côte. Ils ont juste partagé le bac en deux moitiés.

Des naissances tous les jours, des bebêtes qui grouillent partout, des pontes une à deux fois par mois.

Des reproductions, de mous bien sûr, mais aussi d'Euphyllia qui lâchent comme de grosses gouttes de corail dont la base dure et lourde va se planter dans le sable. Reproduction sexuée de Tubastrea, avec même des implantations à distance dans la décante située dans le garage.

Le grand cycle de la vie avec les excréments et les polluants, captés par la surverse, qui tombent dans le refuge où des mysis se multiplient et reviennent par gravité nourrir les poissons dans le bac ! Tout ça juste en regardant... ça me plait bien ça !

Avec l'apparition d'algues, j'ai l'impression que j'ai atteint les limites du non-interventionnisme. Ca tombe bien je déménage dans deux mois et je vais leur offrir un grand logement tout neuf.

La pousse des coraux et gorgones est très lente mais régulière et ils semblent bien en forme. Le calcium ne doit pas être bien haut. Pas de soucis non plus en dehors des dégâts sur chute en vacances. Et mon beau Sarcophyton qui fait maintenant la tête et régresse. Les Euphyllia en dur vont bien.

 

6. L'installation

6.1. Le bac

Le bac mesure 185 x 60 x 65 cm et est d'une contenance de 700 litres. Le meuble et la galerie d'éclairage sont réalisés maison. L'éclairage est composé de deux HQI de 150 w en 10000 kelvin et d'un HQI de 250 w en 14000 kelvin placé au centre de la rampe. Le brassage est constitué de deux pompes Tunze Stream. La climatisation est assurée par une série de ventilos de PC (12 V) afin de chasser l'air au-dessous des HQI et augmenter l'évaporation. Un gros ventilateur est ajouté au-dessus de la décantation en période de canicule. Le décor du bac est central, ce qui permet de le regarder sur 3 faces

6.2. La technique

Illustrations : Stéphane OLLIER

 

La zone technique est déportée dans le garage à 3 bons mètres du bac. L'eau circule par un système de tuyauterie passant en dessous par le vide sanitaire pour remonter ensuite vers la décante et la technique. La partie technique est composée de deux bacs de 200 l chacun, l'un au-dessus de l'autre, dans un meuble simplifié. Le premier, posé sur un support plus haut que le bac principal, contient le refuge avec un retour par simple gravité vers le bac technique. Cette partie technique est compartimentée en 6 volumes :

6.3. Bac supérieur

Bac supérieur avec refugePhoto : Stéphane OLLIER

- Volume 1 :  une petite réserve d'eau osmosée.
- Volume 2 : un compartiment polyvalent, qui en général sert à préparer l'eau de mer pour les changements d'eau. Déconnecté du circuit principal, il se transforme facilement en bac hôpital ou, lors des vacances, en volumineuse réserve d'eau osmosée.
- Le refuge proprement dit est constitué d'une cuve de 200 litres. Une pompe maxi-jet d'aquarium system y assure un léger brassage. Il est composé de pierres vivantes et d'algues diverses. L'éclairage est assuré par un HQI. Bac

6.4. Bac inférieur

- Volume 4 : ce premier compartiment récupère les déchets les plus grossiers et permet éventuellement de mettre du perlon dans la passoire en plastique ou des produits anti-phosphate en dessous.
- Volume 5 : la partie à niveau fixe, qui sert de décantation, peut contenir un ou deux écumeurs, un futur DAS éventuel, etc.
- Volume 6 : la partie à niveau variable qui contient la/les pompe(s) de remontée et les capteurs de l'osmolateur. Un réacteur à hydroxyde est chargé des apports en calcium.

 

7. La méthode de maintenance

En résumé : DE L'EAU, DU SEL ET PAS TROP D'INTERVENTIONS.

Vue d'ensemble en 2006Photo : Stéphane OLLIER

Toute la technique est doublée. Les pannes n'ont jamais eu de conséquence. Changements d'eau importants et automatisés (20 kg de sel par mois) soit 0,5 % deux fois par jour. Jamais d'ajout de quoi que ce soit (exclusivement du sel et de l'eau). Remplissage automatique de la réserve d'eau osmosée en pression avec un flotteur de WC. Refroidissement par gros ventilo sur décante déclenchée par l'IKS. Volume d'eau assez important, à la louche presque 700 l pour le bac, 120 l pour le refuge, 150 l pour la décante, 100 l pour la réserve de saumure (je pense que cette méthode est vouée à la cata dans la durée, sur un mini-volume). Un écumeur vidé 6 fois par an, pas de RAC, plus de RAH (Il est là mais plus rechargé en hydroxyde). Jamais de test, je ne connais aucun paramètre sauf ceux affichés sur l'IKS. Jamais de réfection de bac, quasi pas d'intervention sur les coraux (c'est vrai que le brun gagne !), jamais de siphonnage ni de nettoyage de la décante du refuge ou du bac.

Trois copieuses distributions automatiques de mélange de granulés. Une distribution de trois à quatre cubes de congelés chaque jour quand je suis là, 2 fois par semaine quand je suis absent.

En pratique :

  • Je balance 3 ou 4 grands pots de sel dans la réserve de saumure dès que le densimètre de cette réserve descend (pas de mesure, pas de fréquence précise).
  • Je nettoie les vitres du bac quotidiennement en le regardant.
  • Je remplis les distributeurs automatiques de nourriture environ 1 fois par mois lorsque je ne vois plus de granulés tomber. Les poissons savent très bien me le faire remarquer.
  • Je donne le congelé chaque jour.
  • Je nettoie (rarement) l'écumeur.
  • Je change les ampoules … pas assez souvent.

Je regarde le bac et le refuge (j'aime bien les petites bêtes...), et c'est tout !

Tranches de vie entre 2007 et 2008Photo : Stéphane OLLIER

8. Comment ça marche

Il y a beaucoup de PV dans le bac, mais la décante et le refuge en sont pleins également. Pas de coraux trop exigeants. Par contre, avant l'accident, les anthias et le japonicus, plutôt réputés sensibles, n'ont jamais été malades. Les poissons semblent bien supporter la méthode. Je pense donc que le taux de nitrates est raisonnable. En revanche, mon sable doit être bourré de phosphates précipités. Le bac, ses PV et la grande biodiversité se sont adaptés aux surplus de nourriture et maintiennent des paramètres STABLES. Les polluants sont malgré tout évacués grâce aux volumineux changements d'eau, changements d'eau importants et très réguliers puisque c'est l'IKS qui le fait. Il vide 0.5% d'eau 2 fois par jour et en fonction de la densité ajoute de l'eau pure ou de la saumure (une petite pompe brasse celle-ci). Quand je m'absente, je débranche la pompe de vidange car j'ai déjà eu une panne qui a vidé la décante ! Le système est doublé en cas de débordement mais pas pour une vidange qui délire ! Il n'y a donc plus de changement d'eau quand je pars pendant une à trois semaines.

2012, évidemment, le bac a vieilli, mais moi aussi !Photo : Stéphane OLLIER

9. Mon prochain bac

Il sera encore plus naturel : refroidi par l'air frais d'un puits canadien et la ventilation d'un grand refuge (le 700 l actuel), chauffé par l'eau d'un panneau solaire, éclairé en T5 et LED pour limiter la consommation et l'empreinte carbone. J'essaierai peut-être un petit spot LED pour mettre deux ou trois SPS basiques mais je garde mes mous et mes Euphyllia qui accepteront ma réduction d'empreinte carbone sans rechigner …

Je vous soumettrai plus tard mes idées pour le nouveau bac, seule sa taille est fixée : 1 x 2.30 m, coincé entre deux colonnes. Il ne sera pas très haut pour un éclairage modeste en cohérence avec le reste. Un bac tout simple, qui ne permet pas les SPS très colorés mais qui, en revanche, autorise une certaine liberté et donne beaucoup de plaisir.

 

Stéphane OLLIER (Tournesol)

 

Article publié par Cap Récifal le 01 juillet 2012 avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Sujet de discussion sur le forum.


  • nonopp4, zat1991 et EnzoMolinari aiment ceci


0 commentaire(s)