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  • Repro. 3 : Maintenance d’Hippocampus reidi


    olivier26
    • Je vous propose de poursuivre cette série d'articles sur l'élevage des poissons marins en abordant, cette fois ci, la reproduction et l'élevage d’Hippocampus reidi. Dans cette partie 3, après une description générale de l'espèce, j'évoquerai leur maintenance au travers de mon expérience personnelle. Je traiterai plus tard la reproduction d’Hippocampus reidi dans une partie 4, à suivre.

     

    1. Introduction

    1.1. À propos d'Hippocampus reidi

    Les populations d’hippocampes dans le monde subissent des pressions croissantes, générées notamment par la surexploitation et la dégradation de leur environnement. Le développement de l’aquaculture est une façon de limiter la capture de ces poissons.

    Historiquement, on a toujours considéré les hippocampes comme des poissons difficiles à maintenir dans un environnement captif. Mais, le travail réalisé par les aquariums publics, ainsi que par des amateurs ces dernières années, ont permis de développer des techniques de maintenance, voire de reproduction de ces poissons. Toutefois, on ne connaît toujours pas toutes leurs exigences de maintenance et il reste à découvrir et à comprendre certains paramètres nécessaires à leur cycle de vie dans un système clos.

    Avant d’acheter un hippocampe il faut s’informer et s’assurer de bien comprendre les principes de base de maintenance de cette espèce. C’est vraiment l’achat « coup de cœur » à éviter. Les hippocampes ont leurs propres exigences et, si leurs besoins sont satisfaits, ils peuvent alors vivre en bonne santé sur le long terme. Il existe beaucoup de sites de référence détaillant les meilleurs moyens de maintenir des hippocampes. Je ne donnerai que des axes de vision généraux, l’objet de l’article étant la reproduction par elle-même d’une espèce particulière : Hippocampus reidi.

    C’est en 2005 que mes premières reproductions d’H. reidi ont été réalisées. C’est un véritable challenge pour l’aquariophile amateur et de nombreux échecs ont précédé la première réussite.

    A cette même époque, les premières tentatives d’élevage des poissons-clowns (Amphiprion ocellaris voir l'article) étaient réalisées. Ces deux espèces de poissons marins présentent un comportement et une réponse à l’élevage totalement différents. Ainsi, si on peut comparer ces deux types d’élevage, je dirais que celui du poisson-clown ressemble plus à un sprint où les résultats arrivent dans les jours qui suivent l’éclosion alors que l’élevage d’H. reidi s'apparente plus à une course de fond, un véritable marathon dont les résultats ne sont visibles qu’après plusieurs semaines, voire quelques mois d’élevage. Cette situation va avoir un impact prépondérant sur la réussite de l’élevage car elle va jouer sur les stratégies à adopter par l’éleveur au niveau du développement et de l’entretien des différents ateliers de production de proies vivantes. Bien sûr, avant de réussir cet élevage, plusieurs tentatives ont eu lieu et les retours d’expérience sur les différents échecs ont permis d’améliorer ma technique.

    1.2. Espèces menacées

    La communauté internationale a répondu aux préoccupations de conservation des hippocampes en inscrivant toutes les espèces sous l’annexe II de la Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et de flore sauvages (CITES). L’objectif de l’annexe II est de gérer le commerce des animaux sauvages sur la durabilité, avec l’assurance que le commerce de ces espèces ne menace pas la survie des populations sauvages. Les hippocampes sont inclus depuis 2002 dans cette liste. D’autres règles au niveau du commerce international sont entrées en vigueur le 15 mai 2004. Ainsi, la limite de taille pour les prélèvements d'hippocampes sauvages en milieu naturel est de 10 cm minimum. On considère que cette limite est suffisante pour assurer la reproduction de la plupart des espèces. L’objectif est que tout pays membre souhaitant exporter des hippocampes, démontre que le commerce ne nuit pas aux populations sauvages.

    Il y a quelques années, la plupart des hippocampes étaient capturés dans le milieu naturel avec tout un cortège d’agents pathogènes, ce qui rendait la tâche de la maintenance, délicate. De plus ils ne mangeaient que des proies vivantes. Actuellement, la plupart des hippocampes sont issus d’élevage. Toutefois, même si la transparence n’est pas toujours claire, on peut identifier les différentes sources de la filière grâce à l'étiquetage suivant : CB (Captive Bred : élevé en captivité), TR (Tank Raised : élevé en bac) et WC (Wild Caught : capturé dans le milieu naturel).

    • L’étiquette WC traduit correctement le prélèvement dans le milieu naturel. L’hippocampe a été capturé dans le milieu naturel, puis transporté chez un grossiste. Ces hippocampes sont généralement plus grands que ceux d'élevage. Le problème des hippocampes prélevés dans le milieu naturel est qu’ils ont tendance à être porteurs de parasites. Un traitement contre les parasites/agents pathogènes est fortement recommandé avant toute introduction. Le deuxième inconvénient est que ces hippocampes ne sont pas habitués aux aliments surgelés. Certains individus peuvent même ne jamais en consommer. Enfin, ils ne sont pas habitués à la vie en aquarium, ce qui va rajouter un stress et rendre difficile l’acclimatation à la captivité.
    • L’étiquette CB désigne des hippocampes élevés en captivité, c’est-à-dire nés et élevés en captivité dans un aquarium. Les établissements d’élevage élèvent sur plusieurs générations les hippocampes à l’aide d’eau de mer artificielle ou naturelle, convenablement filtrée et traitée. Ces hippocampes sont généralement exempts de parasites et mangent des aliments surgelés.
    • L’étiquette TR désigne les hippocampes élevés à partir de juvéniles capturés dans la nature. Toutefois, certains grossistes estampillent des hippocampes élevés en captivité alors que ces derniers sont élevés au travers de système où l'eau de mer naturelle est pompée sans traitement ou bien dans des cages placées directement dans l'océan. Ces hippocampes peuvent être porteurs d’agents pathogènes et peuvent ne pas accepter la nourriture surgelée. L’étiquette TR est seulement un indicateur assurant que les hippocampes ne proviennent pas directement du milieu naturel mais il ne garantit pas que les hippocampes sont indemne de parasites, ou même mangent des aliments congelés.

    Ainsi, il existe une certaine confusion entre l’élevage en captivité proprement dit et le grossissement des alevins en captivité. Le label est souvent trompeur : ce n’est pas parce qu’un hippocampe mange des surgelés qu’il a été élevé en captivité. Ce système de label est mis en place par les grossistes et il n’existe pas de système normalisé ni organisme de réglementation garantissant ces labels.

    1.3. Présentation générale

    hippocampe reidiBac d'ensemble riche en algue abritant des H. reidi

    La famille des syngnathidés se compose de 52 genres et environ 215 espèces. Elle se divise en deux sous-familles, les Hippocampinae (avec le genre Hippocampus, le plus représenté) et les Syngnathinae. Il y a environ 35 espèces d’hippocampes reconnues appartenant toutes au genre Hippocampus (Vincent, 1996).
    Les hippocampes sont un groupe de poissons hautement spécialisés. Cette famille est caractérisée par un « museau » allongé, les mâchoires soudées, un cou articulé, l’absence de nageoires pelviennes, une queue préhensile et par des plaques épaisses formant une carapace osseuse qui recouvre le corps. Cette carapace leur donne un corps rigide, de sorte que les membres de cette famille ne peuvent nager qu’en agitant rapidement leurs nageoires. La locomotion se fait principalement par le biais d’ondulations ou d’oscillations de la nageoire dorsale, tandis que les nageoires pectorales servent à l'orientation (Fritzsche, 1983).

    Ils sont relativement lents par rapport à d’autres poissons, mais sont capables de contrôler leurs mouvements avec une grande précision et peuvent rester en nage stationnaire durant de longues périodes en utilisant leurs nageoires pectorales. La configuration du corps rigide et les petites nageoires, ne sont pas adaptées à la natation rapide. Afin d’éviter la prédation, les stratégies utilisées sont le camouflage, par imitation des macro-algues, la protection par une cuirasse épaisse et parfois des épines. Par l’intermédiaire de leur queue préhensile, ils peuvent s’accrocher au décor (algues), voire à des éponges et bryozoaires, ce qui leur permet de se maintenir dans les courants.

    Une des caractéristiques les plus extraordinaires de la famille est leur mode de reproduction unique. Les mâles ont une poche spécialisée (marsupium) où les œufs sont déposés, fécondés, incubés

    et éventuellement nourris pendant la période de gestation (Fritzsche, 1983).

     

    2. Maintenance des Hippocampes au travers d’un exemple Hippocampus reidi

    2.1 Présentation d’Hippocampus reidi

    hippocampe reidiH. reidi dans un bac d'ensemble

    H. reidi est un hippocampe populaire et fortement commercialisé du fait de sa taille et de sa coloration variabile. Il est communément appelé Hippocampe brésilien ou Hippocampe à long nez. La coloration de H. reidi s’étend d’une variation de noir, brun, rougeâtre à entièrement jaune. La surface du corps est tachetée de marbrures irrégulières aux couleurs claires. L’aire de distribution s'étend de la côte Est des États Unis jusqu’au Brésil en passant par le golfe du Mexique (Lourie et al. 2004). Le développement et le comportement des alevins pendant les premiers stades larvaires suggèrent que cette espèce peut être pélagique, vu qu’il n’utilise sa queue pour ancrage qu’à partir du 20ème jour.

    2.2. Différenciation entre H. reidi et H. kuda

    La différenciation morphologique entre ces deux espèces est parfois difficile, notamment lorsque les individus sont stressés. La forme différente de la couronne située sur la tête permet de les différencier. Chez H. kuda, la couronne est penchée vers l’arrière et beaucoup plus grande.

    2.3. Milieu de vie de H. reidi

    La maintenance des hippocampes, dont H. reidi, est exigeante sur le long terme. Le principal problème réside dans le mode alimentaire. La maintenance de ces espèces réclame un aquarium exclusivement dédié, du fait de la compétition alimentaire avec d’autres poissons. La taille de l’aquarium dépend également de l’espèce, on préconise une hauteur d’eau équivalent de 2,5 à 3 fois la taille de l’animal à maturité afin que les individus puissent s’accoupler. Pour un couple de H. reidi il faut compter une centaine de litre avec une hauteur d’eau de 55 à 60 cm.

    Les couleurs ne sont pas permanentes et peuvent changer en fonction de l’environnement, de l’alimentation, du stress…

    Pour aller plus loin : la coloration des hippocampes.

    Les hippocampes peuvent changer de couleur grâce à l’expansion ou à la contraction de cellules pigmentaires appelées chromatophores. Chaque cellule contient un pigment, ce qui entraîne des changements de couleur. Quand un chromatophore se développe, le pigment se répand dans toute la cellule résultant en une couleur vive (Tamaru et al., 2001). Lorsque les cellules pigmentaires sont proches de la surface de la peau, la couleur est claire et brillante; lorsque les cellules pigmentaires sont plus éloignées de la surface, la couleur est plus diffuse. Les chromatophores contiennent des pigments différents, tels que la mélanine (noir), la xanthine (jaune), le lipochrome (orange) et l’erythrin (rouge) (Cusick, 2004). Les cellules pigmentaires spécialisées sont généralement empilées les unes sur les autres ou regroupées (Tamaru et al., 2001). Les hippocampes sont généralement dotés de seulement quelques types de chromatophores et toutes les autres couleurs sont dérivées à partir de ces pigments de base. La couleur exacte qu’affiche l'hippocampe à un moment donné dépend donc de la concentration de ces cellules pigmentaires et de la proximité des cellules à la surface de la peau (Cusick, 2004).
    Il existe un certain nombre de conditions environnementales et des influences hormonales qui peuvent jouer sur la coloration des hippocampes en affectant la capacité des chromatophores à se contracter et à se développer :
    • Stress : les hippocampes réagissent en cas de stress en s’assombrissant. C’est souvent le cas lors des manipulations ou lors d’un transport.
    • Excitation : les hippocampes généralement s’éclaircissent lorsqu’ils sont excités,
    • Interactions sociales : il existe des changements de couleurs assez caractéristiques lors des parades nuptiales où lors des affrontements (rares) et de la compétition. Les hippocampes dominés sont en principe de couleurs plus sombres.
    • Qualité de l’eau : des niveaux élevés de déchets azotés peuvent provoquer un assombrissement des couleurs.
    • Niveau d’oxygène : un faible niveau d’oxygène (hypoxie) peut estomper la couleur et les hippocampes ont tendance à devenir blanc.
    • Couleur de fond : elle peut provoquer des changements de couleur chez les hippocampes afin qu’ils puissent se fondre dans l’environnement.
    • Alimentation : les hippocampes ne peuvent pas synthétiser les pigments il faut que ces derniers soient apportés au travers de la nourriture. Il ne faut pas négliger l’étape d’enrichissement dans l’alimentation quotidienne afin qu’ils ne développent pas de carence et qu’ils restent colorés. Il est important d’enrichir leur nourriture avec des pigments, tels que les caroténoïdes et les xanthophylles (Giwojna, 2002). Des produits riches en matières grasses et en pigments, comme le Naturose de chez Reedmariculture ou Vibrance de chez Ocean Rider, saupoudrés sur les mysis peuvent renforcer la coloration de l’animal. De même l’utilisation de cyclop eeze peut renforcer la coloration.
    • Éclairage : les hippocampes peuvent s’assombrir si l’éclairage est trop intense ou s’il y a présence d’UV en trop forte quantité, du fait d’une production de mélanine. Les longueurs d’onde décalées vers l’extrémité rouge du spectre du visible peuvent améliorer la coloration rouge, orange des hippocampes.

    Toutefois, la génétique semble être le facteur principal qui va jouer sur leur coloration.

     

    hippocampe reidiJeunes H. reidi colorés.

    La durée de vie des hippocampes en captivité varie en fonction de nombreux facteurs, notamment selon les conditions du milieu et l’alimentation. H. reidi vit en moyenne entre 7 et 8 ans. Toutefois, certains individus meurent beaucoup plus tôt quand l’aquariophile ignore les besoins spécifiques des hippocampes, en particulier ceux liés à l’alimentation et les problèmes sanitaires.
    Dans le milieu naturel, les Syngnathidae se localisent dans des eaux peu profondes du fait de leur besoin en forte concentration de petits crustacés.
    Leur mode de vie est assez simple car, mis à part les rituels de parades, ils ont tendance à passer l'essentiel de leur journée dans un mode sédentaire, ancrés à des algues, des gorgones ou d'autres objets du décor, au moyen de leur queue préhensile. Ils se balancent doucement attendant patiemment la petite proie qui va passer à leur portée.

    3. Conditions de maintenance

    3.1 Nourriture

    hippocampe reidiH. reidi femelle.

    L’une des tâches des plus difficiles est de fournir des aliments riches qu’ils peuvent facilement consommer. Dans la nature, ces poissons ingurgitent de grandes quantités de crustacés planctoniques. Ils peuvent se déplacer activement par la natation pour capturer leur proie ou peuvent chasser « à l’affût », en se tenant au substrat au moyen de leur queue préhensile. Les espèces à museau long chassent préférentiellement des crustacés de type Mysis et d’autres invertébrés, dans la colonne d’eau (Bergert et Wainright, 2004).

    Les hippocampes consomment de grandes quantités de nourriture à haute teneur en acide gras et des aliments riches en protéines. Le tube digestif des hippocampes consiste en un œsophage menant à un petit estomac. Ils ont un système digestif très court et sont donc obligés de chasser tout le temps pour subvenir à leur besoin. Après mastication par aspiration de la proie, les hippocampes expulsent les particules de déchets par les branchies.

    Pour aller plus loin : mise en place d’une station alimentaire.

    La station alimentaire présente plusieurs avantages. Elle permet en premier lieu d’éviter d’éparpiller de la nourriture dans tout l’aquarium et donc limite sa décomposition lente.
    Cela permet également de visualiser rapidement les individus et d’observer leur comportement.
    Ils apprennent très rapidement lorsqu’ils sont nourris au même endroit et à peu près à la même heure. Ils vont vite apprendre à vous reconnaître et vont se rassembler autour de la station d’alimentation. Je conditionne les hippocampes à venir en tapotant légèrement sur la vitre. Les hippocampes associent le tapotement à la distribution de nourriture.
    La station d’alimentation doit se situer dans une zone dégagée de l’aquarium en évitant des zones à trop forts courants afin de ne pas entraîner la nourriture en dehors de la station.
    On peut fabriquer soi-même une station en utilisant un bol, un ramequin... où la nourriture sera concentrée. Au centre on peut disposer un tube PVC permettant d‘alimenter la mangeoire. On peut également disposer des points d'ancrage afin que les hippocampes puissent s’accrocher.
    Il est possible également d'utiliser des coquilles de bénitiers comme bol, sur lequel on perce des trous afin de planter des branches de gorgones, ce qui offre un aspect plus naturel.
    Conditionner des individus à aller manger dans cette mangeoire est plus facile qu’il paraît. Lorsque le premier individu a compris le système il entraînera rapidement les autres.

    Dans le milieu naturel, ils peuvent consommer de grandes quantités de petits crustacés et autres organismes larvaires tel que des copépodes, mysis, amphipodes, isopodes, crevettes et les stades larvaires de différents grands crustacés.
    L’obtention de nourriture vivante n’est pas toujours aisée. Les artémias ne sont pas suffisantes pour maintenir des hippocampes en bonne santé ou alors ces dernières doivent être imbibées de produits d’enrichissement (vitamine, acides gras…). Mais malgré cela les spécimens nourris exclusivement avec des artémias, présentent des carences. Au niveau nutritionnel, il vaut mieux se procurer des mysis de qualité. Ces aliments sont plus riches et ressemblent aux proies naturelles des hippocampes. Le mot qualité prend ici tout son sens, pour la maintenance de ce poisson. À la fois lent et délicat, l’hippocampe est un « client » exigeant en terme de nourriture. Si vous lui donnez de la nourriture décongelée puis recongelée, broyée, de couleur ou de goût déplaisant, il vous le fera inévitablement remarquer.
    Cela s’explique par leur habitude alimentaire car ils mangent toute la journée. Ils ne stockent pas beaucoup sous la forme de réserve lipidique puisque les aliments se déplacent rapidement à travers leur tube digestif.

    Les aliments congelés peuvent être complétés par des vitamines, des acides gras HUFA (acides gras hautement insaturés). Des produits d’enrichissement (Selco) peuvent être utilisés car ils contiennent des niveaux élevés en acides gras hautement insaturés (acide eicosapentaénoïque et acide docosahexaénoïque). La nourriture vivante peut être offerte une fois tous les quinze jours. Il faut d'ailleurs prendre garde à ne pas trop les habituer à la nourriture vivante au risque d’avoir du mal à les accoutumer de nouveau à de l’inerte.
    Du krill peut être également donné mais avec parcimonie car il est parfois un peu trop riche en acides gras (comm. personnelle, P. André).
    Afin d’éviter le gaspillage de la nourriture congelée il est possible de confectionner une mangeoire. L’idéal est d’alimenter cette mangeoire plusieurs fois par jour et de remuer la nourriture par un bullage adéquat.

    Pour aller plus loin : élevage de mysis.

    La production de proies vivantes est un plus qu’il ne faut pas négliger. Les mysis sont un met de choix car c’est la nourriture de prédilection des hippocampes. Les mysis constituent des maillons importants dans le réseau trophique des écosystèmes aquatiques.
    La plupart des espèces de mysis mesurent entre 5 mm et 25 mm de longueur. La majorité des espèces de mysidacés est associée à la couche benthique, planant juste au-dessus ou en appui sur la surface des sédiments. Les mysidacés sont majoritairement des filtreurs et généralement considérés comme omnivores, se nourrissant de détritus et de zooplancton. D’autres espèces de mysis sont strictement carnivores, se nourrissant de carcasses de polychètes, de copépodes, d’amphipodes et même de congénères.
    Il faut du temps pour les amener à une taille correcte. Les mysis peuvent être cannibales entre elles. Afin de limiter ce cannibalisme il faut leur proposer de la nourriture de façon constante. Bien que l’on puisse les maintenir avec de la nourriture inerte je conseille de leur offrir des nauplii d’artémias afin d’obtenir une réelle production. Les mysis sont plus actifs dans l’obscurité.
    La larve n’est pas phototropique comme certaines crevettes. Il est donc difficile de diviser un réservoir en vue de limiter le cannibalisme. Afin de maximiser le rendement on peut utiliser des bacs séparés permettant de les individualiser en fonction de la taille. Sinon, on peut utiliser des bacs ayant une surface importante et peu profonds afin de favoriser le développement de la population.
    Il est possible de maintenir une population avec un minimum de travail, à condition que l’on cultive déjà des artémia et/ou des copépodes. D’après des observations personnelles, la population a fortement augmenté lorsque les mysis sont nourris avec des copépodes.
    Bien que cela dépende des espèces, la maturité sexuelle est atteinte au bout d’une vingtaine de jours et l’éclosion a lieu au bout de 5 jours (Lussier et al., 1988). Chaque femelle produit environ une dizaine d’œufs. Ces chiffres ne sont donnés qu’à titre d’exemple, obtenus sur une espèce exotique non identifiée et cela dépend fortement des conditions environnementales (température, paramètres chimiques…) et bien évidemment de l’espèce elle-même. En présence d'une densité de 15 à 20 mysis / litre, il ne faut prélever qu’environ 5 mysis / jours / litre ce qui est très peu pour un élevage d’hippocampe. Si on estime un besoin à 20 à 25 mysis par jour et par hippocampe, un couple demande de cultiver une dizaine de litres.
    Lors de la culture des mysis, le contenant a aussi son importance : il vaut mieux utiliser des grands bacs (réservoirs en plastique) ayant une grande surface de contact avec l’air et de faible hauteur, sans aucun décor. La filtration est sommaire avec juste un filtre, mais un filtre sous sable peut être ajouté au système.
    Pour une croissance et une fécondité optimum, la photopériode des cultures devrait être de 16 heures éclairées suivies de 8 heures sombres.

     

    3.2. Et le refuge …

    hippocampe reidiZone refuge délimitée par un grillage dans le bac principal.

    Concernant l’alimentation, le refuge a toute son importance car il peut offrir un garde-manger en nourriture vivante très intéressant. On va s’intéresser seulement au rôle nutritif du refuge pour l'apport de nourriture vivante et non aux autres effets du refuge (influence sur le pH, augmentation du volume d’eau…).

    Pour aller plus loin : hippocampes et refuges

    On entend trop souvent dire que l’on va mettre un couple d’hippocampe dans un refuge qui alimente par exemple un aquarium récifal. Ce bac n’aura très rapidement plus aucune microfaune car les hippocampes sont de véritables chasseurs et , quel que soit le volume, ils vont vite décimer le bac en microfaune. Ce bac ne fera alors plus office de refuge en tant que tel.

    Pour une plus grande efficacité, ce dernier pourra être intégré directement dans le bac des adultes. En effet, les refuges séparés présentent l’inconvénient d’apporter essentiellement des proies pélagiques. On peut émettre l’hypothèse que seules les larves du benthos ou les crustacés pélagiques vont pouvoir alimenter le bac principal. Or la plupart des copépodes adultes et autres crustacés (amphipodes, isopodes…) sont extrêmement liés au substrat et ne vont donc guère pouvoir alimenter le bac principal.

    Il est possible de conserver une zone correspondant à 20 % du volume du bac dans laquelle les hippocampes ne pourront pas aller. Un simple grillage en plastique à large maille permettra de délimiter la zone. Dans ce territoire pourvu de caulerpes et de quelques roches vivantes, la microfaune pourra se développer sans craindre la prédation. En prospectant naturellement dans le bac, en quête de nourriture laissée par les hippocampes, cette microfaune sera chassée et servira d’alimentation complémentaire. La microfaune appréciée par les hippocampes est composée, entre autre, de mysis, d'amphipodes, d'isopodes…

    3.3. Température de maintenance

    Selon l’espèce que l’on souhaite maintenir, la température optimale doit être tropicale, subtropicale ou tempérée. Généralement les espèces maintenues sont plutôt tropicales. Les affirmations que les espèces tempérées ou subtropicales peuvent être conservées à des températures tropicales, sont fausses. C’est très probablement la cause de la mortalité sur le court terme. Ces animaux sont sensibles aux maladies dues au stress à force d’être maintenus à des températures au-delà de leur seuil de tolérance.
    De nombreux problèmes résultent, d’une façon plus ou moins directe, de la hausse de la température. Dans les systèmes clos comme le sont nos aquariums nous avons une flore bactérienne importante et les hippocampes sont très sensibles à certaines bactéries et autres micro-organismes comme les Vibrio.
    A température élevée, la croissance bactérienne est importante et des bactéries commensales (neutres) peuvent devenir pathogènes (pathogènes opportunistes) selon les conditions du milieu et peuvent s’attaquer aux hippocampes. Les hippocampes, dans la majorité des cas, n’ont pas le système immunitaire suffisant pour lutter contre l’infection et la mort survient rapidement. En effet, il est rare que les hippocampes soient en mesures de lutter contre les agents pathogènes auxquels ils n’ont pas été exposés en grandissant. Les H. reidi prospèrent à des températures de 24 à 25°C

    3.4. Paramètres chimiques du milieu

    Les paramètres doivent être stables, bien que les hippocampes ne soient pas exigeants en termes de nitrate, de phosphate et d'autres éléments. Bien sûr, ils sont sensibles aux nitrites et ammoniac. Une salinité de 33 g / L leur convient bien car ils dépensent alors moins d’énergie pour l'osmorégulation.

    3.5. Filtration

    Les hippocampes ont besoin d’un milieu particulier pour prospérer en captivité, avec notamment une circulation d’eau faible. Avant de prendre la nourriture ils vont souvent regarder la proie un certain temps avant de la juger comestible. Les hippocampes sont des animaux qui gaspillent la nourriture et la charge biologique devant être absorbée par le système devient parfois conséquente. Une bonne filtration avec un écumeur bien dimensionné permettra d’évacuer une partie des déchets organiques. De même, les hippocampes s’habituant rapidement à l’endroit où on met la nourriture, il est possible de limiter les pertes en leur confectionnant une mangeoire. Des escargots du genre Turbo peuvent contribuer à garder le bac propre.

    Un entretien régulier est recommandé avec des changements d’eau de l’ordre de 10 à 15 % mensuel. La préparation de l’eau de mer doit se faire correctement à l’avance afin qu’il ne reste pas de sel non dissous.

    3.6. Brassage

    Le courant doit être modéré, en ménageant des zones où ils peuvent se reposer. Toutefois, il ne faut pas de zone anoxique. Un brassage de 10 à 15 fois par heure est déjà une bonne base à respecter,  à condition de protéger l'aspiration des pompes par une crépine.
    La qualité des pierres vivantes est importante car, en plus d’un bon pouvoir de filtration, elles doivent offrir des cachettes pour la microfaune. L’ajout de macro-algues offre un cadre naturel et permet d’avoir des zones de chasse intéressantes.

    3.7. Éclairage

    Les hippocampes n’ont pas d’exigence spécifique concernant l'éclairage. Une photopériode de 8 à 10 heures par jour est suffisante.

    3.8. Une cohabitation difficile…

    hippocampe reidiCohabitation des hippocampes avec de petits poissons tels que Gobiosoma okinawae.

    Comme nous l’avons dit, les hippocampes sont sensibles à la compétition alimentaire et il faudra éviter de mettre des poissons dans le bac avec eux. En effet, trop lents, ils sont de piètres compétiteurs pour l’alimentation et vont souffrir de la concurrence.
    Les hippocampes sont particulièrement sensibles aux brûlures causées par les cnidaires. Ces brûlures sont une porte d'entrée à certaines maladies qui peuvent alors se développer. Il est ainsi exclu d'introduire des coraux urticants tels que des Euphyllia, Galaxea ou autres LPS ainsi que certains coraux mous comme les Ricordea et bien sûr des anémones.

    En règle générale, il est possible d'intégrer des gorgones voire quelques coraux mous tels que Sinularia, bien que le faible brassage ne facilite pas la mue de ces animaux. De même on fera attention à ne pas avoir d'Aiptasia dans le bac. Enfin, certains crevettes nettoyeuses telles que les Lysmata amboinensis ne peuvent pas être maintenues avec des hippocampes car ces dernières ont tendance à stresser les hippocampes. Il en sera de même pour les crevettes territoriales et agressives telles que Stenopus hispidus.

    3.9. Maladies

    Les Hippocampes sont extrêmement sensibles aux maladies et notamment aux pathogènes face auxquels ils n’ont pas été déjà confrontés. Ils sont enclins aux infections bactériennes et fongiques qui peuvent être favorisées par le stress, par une mauvaise qualité de l’eau ou par l'alimentation.
    Ils peuvent succomber rapidement lorsqu’un nouvel arrivant (porteur sain) est introduit dans l’aquarium car leur système immunitaire ne connaît pas l’agent pathogène incriminé. Ces poissons présentent plus de risques d’être porteurs de différentes maladies lorsqu’ils proviennent du milieu naturel par rapport aux individus élevés en milieu confiné.

    L’acclimatation et la mise en quarantaine des nouveaux venus sont primordiales avant de les introduire dans un bac contenant déjà des hippocampes. Le danger réside souvent dans l’introduction de syngnathes qui proviennent en grande partie du milieu naturel. Ces derniers sont souvent porteurs de germes qui peuvent contaminer la population préétablie, non encline à se défendre.

    La qualité des aliments congelés peut également conduire à des problèmes de santé, ainsi un léger rancissement des aliments peut affecter le système immunitaire. Le développement bactérien est souvent lié à l’état général du bac et notamment au niveau élevé de nutriments (aliments non consommés en cours de dégradation). La négligence de l’aquariophile dans sa gestion de l’aquarium entraîne bien souvent des problèmes sanitaires.

    Dans nos bacs, l’association d’une température élevée avec un niveau élevé de nutriments entraîne bien souvent un développement de micro-organismes généralement néfastes aux hippocampes. Bien sûr, dans la nature la température peut monter, mais les animaux ne sont alors pas dans un milieu fermé et la charge bactérienne y est souvent faible. Ainsi, je déconseille le sable car l’apport important de nourriture non consommée risque d’entraîner une pollution du fait d’une dégradation de la matière organique sous la couche de sable, ce qui peut induire un développement bactérien.

    Pour aller plus loin : Vibrio

    La famille des Vibrionaceae a été décrite par Veron en 1965. Les Vibrionaceae sont des bacilles en forme de bâtonnets à gram négatif, mobiles et aéro-anaérobies facultatifs. La température optimum de croissance varie entre 28 et 37°C selon les espèces, mais elles poussent toutes en général à 30°C, à un pH alcalin de 7 à 9.
    Certaines de ces bactéries peuvent produire des facteurs de virulence comme des toxines et des enzymes. Les traitements aux antibiotiques sont nécessaires dès que les animaux sont atteints par cette maladie. La pathogénicité d‘un micro-organisme est dépendante de nombreux facteurs exogènes et endogènes, de l‘hôte et de sa réaction de défense, ou de l‘environnement.

    Le genre Vibrio est la bactérie pathogène la plus fréquemment rencontrée chez les hippocampes maintenus en milieu clos. La vibriose provoque la mort de l’animal dans de nombreux cas. Les symptômes se traduisent par une dermatite érosive impliquant le plus souvent le bout de la queue. Vibrio alginolyticus est l’agent pathogène le plus répertorié. C’est un microbe omniprésent dans les systèmes clos et qui peut être transporté par la nourriture vivante. Les lésions de la peau peuvent être aussi les signes d’infections généralisées impliquant différents organes, comme le foie et le rein. Les nécroses sont des symptômes qui permettent de reconnaître ou de suspecter les Vibrio, car ce sont des « brûlures » causées par des bactéries. L’émission par l'agent pathogène de toxines et autre facteur de virulence engendrent une nécrose de l’épiderme qui s’étend aux organes internes.

    Lors de l’élevage, ces bactéries entraînent une mortalité spectaculaire à cause de l’inexistence d’un système de défense chez les larves. La malnutrition, combinée au stress et à une mauvaise qualité de l’eau, conduit à diminuer la résistance des hippocampes et cela peut se traduire par un développement d’infections bactériennes opportunistes. La respiration rapide et « la toux » (expulsion d’eau de façon puissante par les opercules ou la bouche) suggèrent souvent une maladie des branchies mais cela peut aussi être provoqué par une forte charge bactérienne dans le milieu. Toutefois, l’implication des facteurs de virulence des pathogènes opportunistes dans les processus d‘infection est particulièrement difficile à caractériser puisqu‘elle est intimement liée à l’état immuno-physiologique de l‘individu-hôte infecté.

    Le traitement doit être réalisé le plus rapidement possible et à l’extérieur du bac, c’est-à-dire dès les premiers symptômes. Bien que les injections soient possibles, il est plus facile de réaliser des bains, voire d’imbiber la nourriture, afin que l’animal avale le médicament, mais cela reste très difficile à réaliser chez les hippocampes. Si l’efficacité des antibiotiques à court terme peut être bonne, leur utilisation régulière sur le long terme est génératrice d‘antibiorésistances des bactéries ciblées.

    La combinaison de matières actives telle que le Nitrofurazone (Furan 2) et la kanamycine (Paragon 2) est ce qu'il y a de plus efficace pour lutter contre les infections bactériennes. Ces médicaments couvrent les deux spectres de bactéries (Gram + et Gram -), sont facilement absorbés et permettent généralement de stopper la progression en quelques jours. La kanamycine est particulièrement efficace lorsque le pH est haut, d’où l’intérêt d’utiliser ce produit en eau de mer. L’installation de stérilisateurs UV permet également de minimiser l’incidence des vibrioses transmises par la nourriture. Certains auteurs soulignent l'intérêt d'utiliser, à titre préventif, un immunostimulant comme un bêta-glucan, pour améliorer la réaction immunitaire de l’animal.

    Toutefois pour lutter contre les vibrioses il faut entre autre :

    • Conserver un niveau de nutriment dans l'eau bas.
    • Augmenter le débit de la filtration.
    • Utiliser l’ozone pour éliminer protozoaires et bactéries, oxydes des composés organiques et saturer le milieu en oxygène.
    Pour aller plus loin  : les probiotiques

    L’utilisation des probiotiques peut être un moyen pour lutter contre certains agents pathogènes. C’est une lutte dite biologique dont le but est d’utiliser une souche non pathogène et qui permet de développer une flore de compétitions aux autres souches non favorables et opportunistes en cas de stress. On peut retenir la définition proposée par Verschuere et al (2000) : « un probiotique est un microorganisme vivant qui a des effets bénéfiques sur l‘hôte en modifiant et améliorant les communautés microbiennes associées à l‘hôte ou au milieu environnant, la fonction de nutrition, la valeur nutritionnelle de l‘aliment, les capacités de réponse de l‘hôte à une maladie ou encore la qualité du milieu ». On peut également utiliser des huiles essentielles de plantes médicinales comme le Cinnamosma fragans qui a une action bactéricide et bactériostatique. L’action est en général bactériostatique pendant le premier jour de contact avec les agents pathogènes et devient bactéricide dans les jours suivants.

    La baisse de la température permet de limiter la progression bactérienne mais cela ne permet pas de détruire le germe incriminé.

    3.9.1. La maladie des bulles de gaz

    Les causes possibles de la maladie des bulles de gaz internes sont sujettes à discussions. Les hypothèses mettent en avant, soit une sursaturation en gaz, soit une infection bactérienne. Dans certaines situations, la pression des gaz dissous dans l’eau devient beaucoup plus élevée que la normale. Comme la pression interne de l’hippocampe est alors inférieure à la pression de gaz super-saturé de l'eau extérieure, les bulles se dilatent directement sous la peau de l’hippocampe affecté. La deuxième hypothèse évoquée est que cela serait dû à une infection bactérienne où les bactéries produisent des gaz résiduaires qui se coincent sous la peau.

    3.9.2. La maladie de la bulle d’air

    hippocampe reidiH. reidi blessé à la queue par des ophiures présentes en grande quantité dans le bac principal.

    Le problème des bulles de gaz se produit souvent dans la poche des mâles mais il peut être également sous cutané, par exemple au niveau de la queue de l’animal. Le poisson montre alors des problèmes de flottabilité. Jusqu’à présent aucun agent infectieux n’a été identifié et aucune relation avec la saturation en gaz de la colonne d’eau n’a été établie. Il a été avancé que la vascularisation importante des tissus qui supportent la poche de couvée peut être prédisposée à la concentration des gaz. Afin de remédier à ce problème il est possible de percer délicatement la poche avec une aiguille fine.

    Un traitement à base de Diamox (matière active : acétazolamide) semble être un traitement efficace. Il permet de traiter tous les troubles liés aux gaz chez les hippocampes. Le huitième d’un comprimé de 250 mg doit être dissous dans un verre d’eau. La solution doit être injectée dans un krill ou dans une crevette congelée. Les crevettes préparées sont distribuées à l’hippocampe malade à un rythme de deux par jour, pendant quatre jours. Le taux de réussite est élevé.

     

    4. Recommandations

    Avant tout achat d’hippocampe, le projet doit être mûrement réfléchi. L’accueil des nouveaux arrivants doit se faire dans les meilleures conditions possibles en suivant quelques recommandations :

    • Acheter des individus élevés en captivité.
    • Conserver une seule espèce (avec plusieurs individus) par bac et éviter de mélanger avec d’autres syngnathidae.
    • Maintenir une température « basse » de 24 à 25 °C afin de minimiser les effets des agents pathogènes sur les hippocampes sensibles.
    • Ne pas mettre de compétiteurs alimentaires ni de coraux dans le bac.

    En tant qu'éleveur, des passionnés m’interrogent fréquemment sur la difficulté à maintenir des hippocampes sur le long terme. Ceux qui conservent ces animaux sur une longue durée, maintiennent en principe une température inférieure à 26°C. Les aquariophiles qui maintiennent ces animaux avec succès à des températures plus chaudes, de 26 à 27°C, nourrissent les animaux directement, à la pince, ou par l’intermédiaire d’un dispositif conçu pour ne pas disperser les aliments et avec un renouvellement d’eau rapide.
    Je pense que plusieurs paramètres entrent en jeu : l’aquariophile alimente les hippocampes une à deux fois par jour, une compétition s’exerce entre les individus et l’aquariophile réagit en augmentant la dose afin que tous puissent trouver de la nourriture. Une partie de la nourriture introduite dans l’aquarium finit par se fixer sur le substrat, phénomène accentué par le faible débit de la filtration. Cette nourriture est rapidement colonisée par des bactéries et des protozoaires. Lorsque l’hippocampe est affamé, entre deux nourrissages par exemple, il va se nourrir des restes de nourriture présents dans le bac. L’ingestion de cette dernière, contaminée, entraîne des problèmes sanitaires avec, comme premiers symptômes, une respiration rapide.

    Les bactéries (bonnes ou mauvaises) sont omniprésentes dans nos systèmes et dans le cas de fortes quantités d'éléments nutritifs, elles prolifèrent. Dans la plupart des cas ces bactéries sont commensales mais, suivant certaines conditions du milieu, elles deviennent pathogènes opportunistes. De même, toutes les souches et espèces de Vibrio ne sont pas pathogènes mais il a été montré que la virulence de certaines souches augmentait avec la température. Ainsi les hippocampes peuvent ingérer au travers de la nourriture des bactéries indésirables.

    À température plus élevée, le débit de circulation de la filtration doit être augmenté afin d’éliminer la nourriture non consommée. De même, la présence de sable peut cacher de la nourriture en décomposition et favoriser le développement de micro-organismes. Cette zone non traitée par la filtration est un réservoir de bactéries opportunistes qui ne demandent qu’à se réveiller.

    Enfin je préconise l’apport d’aliments vivants, par exemple une fois par mois ou tous les deux mois, qui présentent l’avantage de ne pas polluer et à mon avis, celui de fournir une flore bénéfique pour l’intestin de l’hippocampe.

    Les animaux bien acclimatés, vous allez pouvoir découvrir les joies de l’accouplement, de la reproduction et de l’élevage.

     

    Et c’est maintenant que la partie commence …

    Olivier SOULAT

    Article publié par Cap Récifal le 31 mai 2013 avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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