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Aquarium en verre : conception, réalisation


Se lancer dans le hobby de l'aquariophilie, c'est parfois franchir des étapes que nous n'avons pas souvent l'occasion de renouveler. La réalisation de l'aquarium est de celles-là. Ce qui explique le manque d'informations et nos hésitations légitimes face à des choix essentiels. Quelle épaisseur, les renforts résisteront-ils, comment coller, où positionner les perçages, comment les percer...? Autant de questions abordées dans cet article.

Partie 1 : Au cœur de la cuve - Partie 2 : Conception, réalisation.

1. Conception

1.1. Dimensions de la cuve

Volume et proportions de la cuve, ce sont là des choix très personnels qui dépendent des fonctions qui lui sont attribuées, des animaux hébergés, des désirs de l'aquariophile, de son budget et des contraintes liées à l'environnement dans lequel elle va s'inscrire. Ces questions sortent bien évidemment du champ de cet article. La conception de la cuve suppose donc que les dimensions globales sont, à ce stade, déterminées.

1.2. Mode d'assemblage de vitres

Ces dernières années, on a pu voir des cuves assemblées suivant deux modes différents selon la position du fond par rapport aux vitrages verticaux (figure 1).

Fig. 1 : Modes d'assemblage des vitres
Mode d'assemblage 1, recommandé, les faces contournent le fond.
Mode d'assemblage 2, déconseillé, les faces portent sur le fond.

 

Le mode d'assemblage 1 présente suffisamment d'avantages (tableau 1) pour le recommander.

Tableau 1 : Comparaison des modes d'assemblage des vitrages
Mode d'assemblage 1
Les 4 faces contournent le fond
Mode d'assemblage 2
Les 4 faces portent sur le fond

Avantages :
- Le poids des faces, non négligeable dans le cas de vitres épaisses et hautes, est supporté par le meuble.
- Sous l'effet de la pression hydraulique, le joint de colle entre la face et le fond, est sollicité en traction, ce qui est mécaniquement favorable, la colle étant plus résistante en traction qu'en cisaillement.
- Les faces avant masquent la vitre du fond.
- Lors du collage, les faces portent sur le support. L'écartement des faces en est facilité et les joints plus réguliers.
- Lorsque la colle est injectée, les faces étant maintenues en position, ces dernières sont retenue par le support au bon écartement.
- Esthétique : la tranche du fond est peu visible.

Inconvénients :
- Dans le cas d'une cuve en porte à faux, le support doit être très rigide de façon à supporter le poids de la face concernée.

Avantages :
- Pas d'avantage apparent.

Inconvénients :
- Les faces portent sur le verre du fond. Des vitres épaisses et hautes, génèrent un effort supplémentaire non négligeable, concentré en bordure de vitres. Les efforts irrégulièrement répartis (pression hydraulique et ( poids des faces), est plus sensible aux irrégularités du support (planéité, corps étrangers).
- Sous l'effet de la pression hydraulique, le joint de colle entre la face et le fond, sollicité en cisaillement, sera moins résistant.
- Le fond est visible, la cuve étant vue de face.
- Lors du collage, le poids du verre interfére sur l'épaisseur du collage face/fond. Une épaisseur de colle trop fine présente des risques.
- Lorsque la colle est injectée par l'intérieur, la colle déborde à l'extérieur.
- Esthétique : la tranche du fond est apparente.

 

1.3. Choix des renforts

1.3.1 Des renforts ou pas ?

Les vitrages verticaux, libres en partie haute, présentent un atout esthétique indéniable. Néanmoins, l’entretien de l’aquarium n’en sera pas facilité et les risques de projection d’eau sont augmentés. Un liseré calcaire se forme au niveau de la ligne de surface et son nettoyage provoque généralement des débordements se traduisant par des coulures le long des vitres de façade. Cette solution impose également une épaisseur de verre importante, malheureusement plus couteuse. Le budget alloué à la cuve contraint bien souvent l'aquariophile à sélectionner une épaisseur moindre et à renforcer les bords supérieurs des vitrages verticaux par des renforts (figure 2), de nature à améliorer sa résistance et diminuer ses déformations. Les solutions les plus utilisées sont les traverses et les raidisseurs.

1.3.2. Types de renforts

Traverses
Figure 2 : Traverses
a: Traverse simple.
b : Traverse renforcée au collage.

Les traverses relient les bords des vitrages verticaux les plus longs. Cette solution présente l'avantage, en multipliant le nombre d'éléments, de renforcer simplement des aquariums de grande longueur, là ou les raidisseurs nécessiteraient des sections démesurées. Elles ont l'inconvénient d'être très inesthétiques, de limiter l'accès du soigneur par la surface et plus gênant concernant un aquarium récifal, de faire écran aux sources de lumière.

Les traverses ont en général l'épaisseur du verre de la cuve. Mais ce n'est pas une obligation. Leur résistance en traction est bien souvent suffisante. Les traverses doivent aussi supporter un appui malencontreux, par exemple l'aquariophile qui poserait une main, et résister à une certaine charge. Pour cette raison, on n'utilisera jamais de verre inférieur à 5 mm d'épaisseur. La traverse étant collée en bout, sa section peut être insuffisante pour garantir la résistance au décollement. Dans ce cas, il est nécessaire de l'augmenter en doublant l'épaisseur dans la zone collée (fig. 2b). Enfin, le nombre de traverses doit être adapté à la longueur du vitrage de manière à limiter sa flexion entre chaque élément.

Raidisseurs
Figure 3 : Raidisseurs
a : Ceinturage constitué de raidisseurs alignés, parfois doublés.
b : Ceinturage constitué de raidisseurs croisés.

Le raidisseur est constitué d'un profilé parallélépipédique en verre, collé le long du bord supérieur interne d'un vitrage. Quand il fait le tour de l'aquarium, on parle de ceinturage. Compromis esthétique entre la traverse et l'absence totale de renfort, il sera plus discret en le positionnant au plus près du bord supérieur de la vitre. Autrefois utilisé pour supporter une galerie ou d'autres accessoires, il peut gêner la mise en place d'équipements tels que des oscillateurs. Le ceinturage a l'avantage d'éviter les débordements d'un brassage un peu trop énergique et rassure lors de l’utilisation d’appareil à vagues, genre WaveBox. Il procure une protection partielle pour les poissons « sauteurs », il permet une bonne accessibilité pour les interventions et laisse toutes libertés pour le positionnement des sources d'éclairage (galerie et/ou spots), sans interférer sur la pénétration de la lumière.

Intimement collé à la face verticale, même si la pression hydrostatique est nulle en surface, le raidisseur supporte une partie de la charge hydrostatique transmise par la vitre à son sommet. Il est alors sollicité comme une poutre qui serait soumise à une charge uniformément répartie. Raidisseur, il le sera si l'épaisseur de collage est très faible, de manière à limiter la flexion de la vitre. Une certaine épaisseur de colle, supérieure à 0,2 mm est cependant nécessaire pour répartir les tensions dans le verre, via le collage. Une épaisseur trop importante tend à accroitre sa flexion de telle sorte que les extrémités du raidisseur, travaillant alors en compression, viennent en contact avec le vitrage. Ce phénomène se traduit, à l'extrême, par une rupture locale du verre en bout de raidisseur. Une épaisseur de 0,5 mm est un bon compromis.

Le raidisseur est opérationnel, dans la mesure ou le collage l'est aussi. La surface de collage doit donc être suffisante pour empêcher toute rupture adhésive ou cohésive de la colle. Cette condition impose parfois de choisir une épaisseur de raidisseur supérieure à celle de la cuve.

Les charges hydrostatiques sur le vitrage sont en partie absorbées par les faces latérales, déchargeant d'autant les efforts aux extrémités du raidisseur, finalement peu contraintes et bien moins que la partie centrale. De fait, il n'est pas indispensable, sauf pour d'autres raisons esthétiques ou pratiques, comme le passage d'un câble, de lui donner toute la longueur du vitrage qu'il renforce. On recommande néanmoins une longueur au moins égale à 95 % de celle du vitrage en réservant l'espace nécessaire de part et d'autre pour sa mise en place et le collage. Pour cette même raison il n'est pas indispensable de croiser à leurs extrémités, les différents raidisseurs d'un ceinturage (fig. 3b). Un collage bout à bout (fig. 3a), plus discret, est tout aussi efficace.

1.3.3. Dimensions des renforts

Raidisseur constitué de deux éléments intimement collés. On remarquera, le coin éclaté du fait d'un espace insuffisant avec la face latérale.

L'épaisseur du verre pour les vitrages verticaux et le dimensionnement des renforts sont intimement liés. Le calculateur Calcul d'épaisseur de verre pour vitrages d'aquariums permet de vérifier, selon le cas, le nombre et/ou les dimensions (largeur, épaisseur) choisies en fonction de la résistance et la déformation du verre ainsi que la résistance du collage. L'utilisateur peut faire varier les paramètres des renforts : nombre, épaisseur, largeur... et sélectionner celui qui convient le mieux. Une épaisseur plus importante d'un raidisseur peut être obtenue par collage de deux épaisseurs de verre, ce qui permet d'en réduire la largeur. Le collage doit alors être très intime, sous pression, pour former une poutre homogène. La longueur des renforts est ajustée en tenant compte de l'épaisseur de colle nécessaire, comme on le verra plus loin. Pour répondre

1.4. Choix des vitrages verticaux

1.4.1. Verre clair, verre extra clair

Verre float. La différence entre le verre clair et le verre extra clair est visible sur la tranche.

En aquariophilie, on utilise principalement deux types de verres float : le verre clair et le verre extra clair (parfois nommé cristal). Ce dernier, 20 à 50 % plus cher, contient une très faible teneur en oxydes de fer, ce qui lui confère une transmission lumineuse accrue (TL ≥ 90 %) et une diminution des dominantes colorées.

Transmission lumineuse (TL)

C' est la proportion de lumière, directe ou diffuse, dans le spectre visible, traversant un matériau. Plus l'indice est élevé, plus le matériau laisse passer la lumière. C'est une mesure physique dont chaque unité confère un gain notable, mais difficilement mesurable, en confort visuel pour l'observateur..

La transmission lumineuse diminue avec l'épaisseur, mais de manière non proportionelle (tableau 2). À titre de comparaison, une plaque plastique en PMMA transparent de 3 mm posède une TL de 92 %. Un gain a priori faible (3 % entre deux verres clair et extra-clair de 12 mm), est notable pour l'observateur. On peut d'ailleurs le vérifier en observant la tranche des vitres (photo ci-dessus). Le gain est d'autant plus important que l'épaisseur est plus grande. Un verre clair suffit pour une cuve d'appoint ; si l'aquarium devient le centre d'intérêt du salon, on ne regrettera jamais d'avoir réalisé les faces, au moins celles qui sont apparentes, en verre extra clair. Ce dernier serait, selon certaines affirmations, plus sensible aux rayures, mais rien, dans la composition ou le mode de fabrication du matériau, ne permettent de l'affirmer ; c'est aussi l'avis des utilisateurs de verre extra clair, de plus en plus répandu.

Tableau 2 : Transmission lumineuse TL en fonction de l'épaisseur du verre
Transmission lumineuse TL
(%)
Épaisseur nominale (mm)
3 4 5 6 8 10 12 15 19
Verre clair Planiclear SGG 91 90 90 90 89 89 86 87 86
Verre extra clair Diamant SGG >91 >91 >91 >91 >91 91 91 >90 90
Source : Saint Gobain Glass.

1.4.2. Épaisseur des vitrages

Les dimensions générales, le mode d'assemblage et la nécessité ou non de renforts étant établis, il est maintenant possible de déterminer l'épaisseur des vitrages. Ce paramètre est déterminant pour la résistance et le cout de la cuve. Pour un même usage et un niveau de sécurité similaire, un verre épais s'avère plus esthétique. Mais a contrario, à type de verre identique, un verre moins épais est plus transparent, moins couteux et moins lourd. Une réflexion s'impose avant toute décision.

On trouvera sur le Net, des préconisations d'épaisseurs, basées uniquement sur la hauteur d'eau. Il s'agit de méthodes empiriques fondées sur la typologie des aquariums telle qu'elle existait il y a quelques dizaines d'années. Aujourd'hui, les matériaux disponibles, les ratios des dimensions des cuves et les modes d'assemblage ont évolué. L'article Aquarium en verre collé : au cœur de la cuve énumère de nombreuses règles, plus ou moins fantaisistes, d'autres restrictives comme la norme DIN 32622 qui se limite à des hauteurs de 60 cm ou des guides de calcul de verriers, dont les coefficients de sécurité ne sont pas adaptés à l'usage chez des particuliers. Parmi celles-ci, on peut privilégier les méthodes en relation avec les normes européennes en vigueur pour le calcul des verres structuraux.

Le calculateur Calcul d'épaisseur de verre pour vitrages d'aquariums proposé par Cap récifal permet ainsi, de déterminer, pour de nombreux cas particuliers, l'épaisseur du verre des différents vitrages d'un aquarium et de dimensionner ses renforts. Il est établi suivant les normes prEN 13474 et les Eurocodes. Il intègre les risques liés à l'environnement, la durabilité, la fragilité du verre et l'usage... au travers de coefficients partiels (matériau, local, pérennité...), définis dans les Eurocodes. Il permet de simuler les vitrages en appui sur 3 côtés (sans renfort) et ceux en appui sur quatre côtés (avec renfort ou enchâssés dans un cadre support). Le calculateur permet de se positionner par rapport au coefficient de sécurité et permet de prendre une décision en connaissance de cause pour sélectionner l'épaisseur finale parmi les épaisseurs industrielles. Selon les résultats obtenus, les faces les plus petites peuvent être réalisées dans des épaisseurs inférieures aux plus grandes. Le choix final du verre float se fera dans les épaisseurs disponibles sur le marché, en 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 19 ou 25 mm

Ces calculs font abstraction de la présence de sable dont l'impact sur les vitres latérales est estimé négligeable quand son épaisseur est inférieure à 1/6 de la hauteur de la vitre. C'est également le cas de pieres vivantes. dans ce cas, la sécurité conduit à ériger un décor autoportant, non appuyé sur les vitres latérales de la cuve.

1.4.3. Tolérances dimensionnelles et d'aspect des vitrages

La question des tolérances est rarement abordée par les miroitiers, lors de l'achat de verre découpé. Et pourtant, elle est d'importance quand il s'agit de verre coupé brut. Les tolérances sur les dimensions des feuilles de verre en sortie de fabrication sont bien définies par les verriers mais les règles sont plus rares, concernant les tolérances pour les plaques découpées dans ces feuilles.

La note d'information technique 214 du CSTC ( Bruxelles) et le Manuel des tolérances édité par Glaströsch précisent assez bien la situation et déterminent les tolérances d'aspect (tranches, inclusions...) et dimensionnelles (longueurs, géométrie des bords, entraxes de perçages...). Ce dernier qui reprend la norme EN 572-8, peut utilement servir dans le cadre d'un contrat de réalisation. Le tableau 3 en reprend l'essentiel.

Tableau 3 : Tolérances dimensionnelles sur glace en verre float découpée
Tolérance
(mm)
Épaisseur nominale (mm)
3 4 5 6 8 10 12 15 19 25
L ≤ 1.5 m ± 1 ± 1 ± 1 ± 1 ± 1,5 ± 1,5 ± 1,5 ± 2 ± 2,5 ± 2,5
1,5 m < L ≤ 3,0 m ± 1,5 ± 1,5 ± 1,5 ± 1,5 ± 2 ± 2 ± 2 ± 2,5 ± 3 ± 3
L > 3,0 m ± 2 ± 2 ± 2 ± 3 ± 2,5 ± 2,5 ± 2,5 ± 3 ± 3,5 ± 3,5
Épaisseur ± 0,2 ± 0,2 ± 0,2 ± 0,2 ± 0,3 ± 0,3 ± 0,3 ± 0,5 ± 1,0 ± 1,0
Masse surfacique moyenne (kg/m3) 7,5 10,0 12,5 15,0 20,0 25,0 30,0 37,5 47,5 62,5
L : longueur ou largeur considérée.

 

1.4.4 Épaisseur des joints de colle

1.4.4.1. Collage structural entre les vitrages

La colle assure des fonctions essentielles : l'étanchéité et la résistance mécanique de la cuve. De plus, son caractère élastique permet de répartir les contraintes entre les divers éléments en verre. C'est un aspect intéressant avec un matériau aussi fragile que le verre. Ainsi, on a pu constater sur des simulation CAO qu'une épaisseur minimum de l'ordre de 0,5 mm est indispensable. Par ailleurs, Une épaisseur très faible rend difficile un éventuel décollage d'un panneau. Une épaisseur importante n'apporte rien. Au contraire, au delà d'une valeur extrême on s'expose au risque de fluage dans le temps. L'épaisseur de colle pourra donc être limitée au strict nécessaire pour assurer le collage et suffisant pour répartir les contraintes. La règle suivante représente un compromis réaliste :

  • Longueur du vitrage ≤ 1 m -> épaisseur colle :1 mm
  • 1 m < Longueur du vitrage ≤ 2 m -> épaisseur colle : 2 mm
  • Longueur du vitrage > 2 m -> épaisseur colle : 3 mm
1.4.4.2. Cordon dans l'angle des vitrages

L'usage veut que l'on réalise un cordon de finition, en général triangulaire, à l'intérieur des angles formés par les vitrages. Les simulations développées dans l'article Partie 1 : Au cœur de la cuve, montrent qu'il ne participe pas véritablement aux performances mécaniques de la cuve et qu'un surdimensionnement n'est pas le gage d'un meilleur comportement.

Une largeur du cordon triangulaire d'environ 5 mm peut se justifier pour des raisons esthétiques, pour une meilleure protection du joint lors du nettoyage des vitres ou pour retarder la dégradation par les organismes hébergés, comme on a pu le constater avec certains vers polychètes.

1.4.5. Dimensions des vitrages

Les dimensions générales, le mode d'assemblage, la nécessité ou non de renforts et l'épaisseur des joints étant établies, il est maintenant possible de déterminer les dimensions de chaque vitre. Une erreur aux conséquences irréparables est vite faite. Le calculateur Calcul de dimensions et coûts de vitrages d'aquariums, permet de déterminer avec exactitude la taille de chaque vitrage selon l'épaisseur des verres et des joints.

1.4.6. Choix du façonnage des bords

Différents types de façonnage, aux appellations multiples, sont appliqués en fonction des exigences.

  • Coupe franche (CF) (fig. 4a) : il n'y a pas de façonnage. La coupe est réalisée en entaillant et en brisant le verre le long de la coupe. Les bords de la coupe franche sont acérés. et présentent des petites lignes ondulées, visibles perpendiculairement aux bords du verre. Les coupes franches sont en général droites sur les petites épaisseurs mais au-delà de 8 mm, il est préférable de découper à la machine au risque d'obtenir des déviations prononcées et des bris irréguliers. Des esquilles de moins de 3 mm qui ne réduisent pas l’épaisseur du verre de plus de 15 % sont tolérées par le miroitier mais déjà pénalisantes pour un assemblage collé. La manipulation de vitre impose le port de gants.
  • Bord arasé (BA) ou arrêtes abattues (AA) (fig. 4b) : il consiste en une coupe franche dont les arrêtes ont été émoussées. Les arrêtes peuvent être arasées à la meule de manière plus ou moins étendue sur la tranche, à la toile émeri fine ou avec une pierre à affuter. Les bords ne présentent plus de danger de coupure pour les mains.
  • Bord rodé (BR) ou rodé mat ou plat mat ou chant meulé ou joint plat industriel (JPI) (fig. 4c) : le bord du verre est meulé sur toute sa surface à l’aide d’une machine fixe à bandes d’un certain grain et d'un arrosage d’eau; Le rodage peut également être réalisé pour les trous. La tranche rodée/meulée a une apparence mate. Aucune zone brillantes ni esquille ne sont tolérées.
  • Le programme de la découpe étant enregistré dans la machine numérique de découpage au jet d'eau, Stéphane en surveille le bon déroulement.Photo : Denis TOURNASSAT
  • Bord poli (BP) ou joint plat poli industriel (JPPI) ou plat satiné ou chant meulé lisse (fig. 4d) : le bord est meulé puis poli sur toute sa surface aux dimensions précises. Aucune zone brillante ni esquille ne sont tolérées. Selon la machine utilisée, des traces ou des rainures de polissage sont perceptibles et admises.
  • Joint plat poli (JPP) ou rodé poli ou chant poli : après l'opération ci-dessus, le chant peut subir un polissage fin, final, qui rend sa surface brillante. Il est réservé aux vitrages décoratifs.
  • Bord scié : il est obtenu à la scie et concerne principalement le verre feuilleté. L'aspect est similaire au bord rodé mais sans plage brillante ni arrête abattue.
  • Bord coupé au jet d'eau : utilisable sur le verre feuilleté, la découpe est réalisée à l’aide d’un jet d’eau sous pression ; l’aspect est semblable à celui des bords rodés, mais sans plages brillantes ni arête abattue.
Figure 4 : Façonnage des bords
a : Coupe franche.
b : Bords arasés, arrêtes abattues.
c : Bords rodés, chanfreinés.
d : Bords polis, chanfreinés.
Photos : GlasTtrösch

 

Le façonnage permet d'obtenir des dimensions un peu plus précises dans les grandes longueurs. A titre d'information la société GlasTrösch s'impose les tolérances dimensionnelles suivantes :

Tableau 4 : Tolérances dimensionnelles sur vitrage façonné
Tolérance (mm) Longueur du bord
L ≤ 1 m L > 1 m
Bords arasés ± 1 mm ± 0,1 %
Bords rodés et polis ± 1 mm ± 0,1 %

 

Le façonnage répond à des exigences esthétiques ; un bord rodé ou poli est en principe associé à un chanfreinage des arrêtes qui améliore encore la finition. Mais plus encore, la qualité du façonnage permet d'éviter les amorces de rupture sur les bords le verre est plus résistant et le collage plus fiable. Les vitrages structuraux sont normalement rodés (BR / JPI) de manière à uniformiser le comportement mécanique des collages. Les petits aquariums sans grande exigence peuvent se satisfaire d'arrêtes abattues.

1.5. Vitrage du fond

1.5.1. Fond reposant sur un support

D'une manière générale, le vitrage du fond de l'aquarium repose en totalité sur un support en mesure d'absorber toutes les charges et l'essentiel des déformations. Dan ce cas, il est d'usage de surdimensionner le verre en choisissant un épaisseur identique à celle des vitrages verticaux, sans toutefois être inférieure à 5 mm.

1.5.2. Fond en porte-à-faux

Cuve en porte-à-faux.

Certains aquariums débordent du meuble support. La situation la plus sécurisante consiste, bien sûr, à reposer le fond en verre sur une plaque support, elle-même en porte-à-faux. Selon l'importance du débord, cette dernière doit-être dans un matériau suffisament rigide (bois, béton armé...).

Les aquariums dont le fond ne serait pas totalement porté (hublots, porte-à-faux), nécessitent un calcul particulier, par exemple suivant les recommandations de la NIT 242 du CSTC Bruxelles.

Des analyses en simulation on permis de vérifier que la résistance intrinsèque du verre permet, dans une certaine mesure, de le mettre directement en porte-à-faux, sans support.

La figure 5 détermine la valeur du porte-à-faux selon l'épaisseur du fond et la hauteur d'eau.

Figure 5 : Porte-à-faux selon la hauteur d'eau et l'épaisseur du verre Les courbes déterminent la limite de contrainte de flexion maximale à 7.5 MPa pour une épaisseur de verre, en fonction de la hauteur d'eau. Pour chaque épaisseur, les valeurs sont à choisir à gauche de la courbe correspondante.

 

1.6. Passe-parois et trous

Le passe-paroi également appelé passe-cloison, passe-cuve ou traversée de cloison existe sous plusieurs formes. Éviter les passe-parois à coller, indémontables. On trouve essentiellement deux types de passe-parois : en PVC rigide ou en élastomère. Chacun a son usage propre ; il convient de sélectionner le type approprié à l'utilisation.

1.6.1. Passe-parois rigides

Ces passe-parois rigides, en PVC-U (PVC non plastifié) sont utilisés chaque fois que la pression n'est pas négligeable et lorsque l'on souhaite une installation totalement étanche et solide sur une longue durée.

Passe-paroi Van De Lande B.V

Parmi la gamme importante de produits disponibles, la gamme proposée par la société Van De Lande B.V. s'avère particulièrement fiables. Ceux de la série 5.16 (fig. 6a) sont largement utilisés pour l'aquariophilie récifale. Ils sont rigides et largement dimensionnés pour garantir un serrage et un maintien facile et durable. De plus, ils permettent le positionnement et le démontage aisés du tube PVC traversant. Le modèle de passe-paroi est déterminé en fonction du diamètre du tube PVC préalablement choisi en fonction du débit devant circuler. Attention de ne pas choisir un tube PVC trop petit pour une descente rapide, un PVC 32 s'engorge déjà vite.

Figure 6 : Dimensions des trous pour passe-parois Van De Lande B.V.
a : Dimensions des passe-parois. Illustration : Van de Lande B.V.
b : Diamètre de perçage D. Illustration : Denis TOURNASSAT

 

Le tableau 5 définit le diamètre des trous de ce modèle, en fonction du passe-paroi sélectionné.

Tableau 5 : Diamètre de perçage selon le passe-paroi Van De Lande B.V.
Dimensions (mm) Cotes selon Ø passe-paroi
PVC Ø 20 PVC Ø 25 PVC Ø 32 PVC Ø 40 PVC Ø 50 PVC Ø 63
Diamètre ext. d3 du filetage 26,4 33,2 41,9 53,7 59,6 75,2
Diamètre S de la collerette 32 40 55 74 78 100
Diamètre D du perçage de la vitre 27 34 42 à 44 54 à 58 60 à 62 76 à 78
Largeur d'appui 2.5 3 5,5 à 6,5 8 à 10 8 à 9 11 à 12

 

1.6.2. Joint Uniseal© en élastomère

Joint Uniseal.©, une solution simple, rapide, efficace et économique pour assurer l'étanchéité d'un tuyau rigide à travers une paroi.

Le joint Uniseal© est un système ingénieux permettant d'assurer très simplement et économiquement, l'étanchéité entre un tuyau rigide et la paroi qu'il traverse, plane ou légèrement courbe. Le profil conique du diamètre extérieur permet son maintien en place et compense quelques irrégularités de découpe. Les modèles sont préconisés pour des parois d'épaisseur 9 mm maximum. Le joint étant en élastomère, la liaison est souple et permet de petits déplacements en rotation, linéaires ou angulaires (jusqu'à 15°), tout en conservant l'étanchéité. Cette dernière est assurée par la seule compression du joint lors de l'insertion du tuyau, sans intervention externe. Cette compression reste faible pour des nécessités de montage manuel. Elle dépend directement du diamètre final de perçage et de ce fait, le taux de compression conserve une part d'incertitude. Ce système est donc réservé aux circuits d'évacuation, à des basses pressions jusqu'à 4,5 bar, ou des assemblages non critiques. L'étanchéité est assurée par la résistance à la compression de l'élastomère. Cette dernière diminuant toujours au cours du temps avec de tels matériaux viscoélastiques, il est essentiel de pouvoir la vérifier occasionnellement.

Sur le marché, on trouve de nombreux joints Uniseal© dont certains sont des mauvaises copies obtenues dans des moules vétustes avec de nombreux défauts de surface et dans des matériaux indéterminés. Des thermoplastiques comme le PVC plastifié n'a pas l'élasticité requise et se rigidifie selon la température. L'EPDM (Ethylène Propylène Diène Monomère), un élastomère vrai, vulcanisé, a largement fait ses preuves en eau de mer. L'Alcryn© maintenant utilisé, un élastomère thermoplastique partiellement réticulé, dont les caractéristiques sont proches de l'EPDM convient tout aussi bien pour l'usage qui nous intéresse.

Le tableau 6 détermine les diamètres de perçage en fonction du modèle Uniseal©. Les dimensions communiquées sont parfois trompeuses. En effet, plusieurs versions classées d'après le diamètre nominal DN de la tuyauterie, citées ici à titre indicatif en caractères normaux, sont destinées à l'industrie et ne sont pas compatibles avec la tuyauterie PVC. Fort heureusement pour nous, quelques distributeurs aquariophiles tels que Neo3Plus (valeurs en caractères gras) ont su trouver des références destinés aux tubes standards en PVC ; S'assurer auprès du fournisseur de la dimension nécessaire.

Tableau 6: Diamètre de perçage en millimètre selon le modèle de joint Uniseal©
DN / PVC Modèle Tuyau Øext Perçage Ø 
  U018 6 mm 10 mm
PVC6 6 mm 6 mm 8 mm
PVC8 8 mm 8 mm 13 mm
DN6 U0312 10,2 mm 12 mm
  U025 10 mm 13 mm
PVC16 16 mm 16 mm 25 mm
DN10 U038 17,2 mm 25,4 mm
PVC20 20 mm 20 mm 31-32 mm
DN15 U050 21,3 mm 32 mm
PVC25 25 mm 25 mm 31-32 mm
DN20 U075 26,9 mm 32 mm
PVC32 32 mm 32 mm 44-45 mm
DN25 U100 33,7 mm 44,5 mm
PVC40 40 mm 40 mm 51-53 mm
DN32 U125 42,4 mm 50,8 mm
DN40 U150 48,3 mm 63,5 mm
PVC50 50 mm 50 mm 64-65 mm
DN50 U200 60,3 mm 76,2 mm

 

Nous aborderons plus loin les conditions de montage de ces passe-parois.

1.6.3. Tolérances de perçage

Tenir compte du fait qu'un perçage manuel est toujours supérieur au diamètre de la cloche utilisée. L'écart dépend du bon maintien de l'équipement de perçage... et du bricoleur ; en général de quelques dixièmes de millimètres, il peut dépasser le millimètre.

À titre d'information la société GlasTrösch s'impose, pour les trous dans du verre float, les tolérances dimensionnelles suivantes :

  • Perçage Ø ≤ 20 mm : ± 0,5 mm
  • Perçage 20 mm > Ø ≤ 60 mm : ± 1,0 mm
  • Perçage > 60 mm : ± 2,0 mm
  • Découpe de trou : + 1,5 / - 1 mm

1.6.4. Positionnement des trous

Comme cela a été abordé dans l'article Aquarium en verre collé : Au cœur de la cuve, la présence de trous génère des concentrations de contraintes. Ces dernières, cumulées à celles liées au remplissage de la cuve, peuvent dépasser la limite de sécurité souhaitée. Il est donc préférable de privilégier les zones moins contraintes qui se répartissent selon les dimensions de la cuve. A titre indicatif, les figures 7 et 8 indiquent celles relatives à des aquariums types, dont les faces sont en appui sur 3 et 4 côtés. Les faces sur 4 appuis étant dans une configuration où le renfort serait décollé, c'est à dire en appui sur 3 côté, le temps de la réparation. Les aquariums en question sont des modèles aux dimensions spécifiques ; d'autres, selon leur épaisseur, réagiraient bien différemment.

Figure 7 : Profils de contraintes de cuves de 60 à 2700 litres avec renforts, simulées sans renfort (décollé) en appuis sur 3 côtés
Modèle M60 : 500 x 300 ép. 4 mm
Modèle M120 : 600x400 ép. 5 mm.
Modèle M300 : 1000x500 ép. 8 mm.
Modèle M600: 1500x600 ép. 12 mm.
Modèle M1100 : 2000x700 ép. 15 mm.
Modèle M1800 : 2500x800 ép. 19 mm.
Modèle M2700 : 3000x900 ép. 25 mm.
Cartographie des contraintes : zone bleue à privilégier ; zone rouges à éviter ou renforcer.

 

Figure 8 : Profils de contraintes de cuves de 60 à 1100 litres sans renforts, en appuis sur 3 côtés
Modèle M60 : 500 x 300 ép. 4 mm
Modèle M120 : 600x400 ép. 6 mm.
Modèle M300 : 1000x500 ép.10 mm.
Modèle M600: 1500x600 ép. 15 mm.
Modèle M1100 : 2000x700 ép. 25 mm.
Cartographie des contraintes : zone bleue à privilégier ; zone rouges à éviter ou à renforcer. Illustrations : Denis TOURNASSAT

 

Distance d'un trou à une bordure. Illustration : Denis TOURNASSAT

1.6.5. Distance des trous par rapport aux bordures

D'évidence, la bordure d'un trou de doit pas cotoyer de trop près celle du vitrage ni celle d'autres trous. Les analyses de simulation ci-dessus permettent de proposer, ci-contre, quelques règles simples à respecter.

1.6.6. Tolérances de positionnement des trous

Il n'existe pas de norme définissant le positionnement de trous dans le cas d'un aquarium. Des analyses en simulation 3D permettent d'établir quelques directives. L'illustration (fig. 4b) définit la position des trous. Il va sans dire que le positionnement est également tributaire de la présence d'éventuels renforts ou ceinturages.

À titre d'information, pour le perçage dans du verre float, la société GlasTrösch s'impose les tolérances de positionnement suivantes :

  • Distance du trou ≤ 2 m : ± 2,5 mm
  • Distance du trou ≤ 3 m : ± 3,0 mm
  • Distance du trou > 3 m : ± 4,0 mm

1.7. Budget prévisionnel

Les choix déterminés plus haut permettent de calculer le coût de la cuve. Qu'il s'agisse d'acheter une cuve déjà assemblée ou de vitres, les offres méritent d'être comparées. En effet, les prix de la matière première, les modes de calcul, les garanties proposées qui peuvent inclure le transport et l'après-vente, sont telles que les tarifs peuvent varier du simple au double.

Calculateur de dimensions et de coûts, de Cap récifal.

Concernant les fabricants de cuve, tous n'ont pas la même expérience, ni des locaux totalement adaptés. Les enseignes sont parfois éphémères et les assembleurs n'ont pas tous la même notion du service client, surtout face à des vices de fabrication. Les prix pratiqués, plus faibles, ne sont pas toujours révélateurs de la prestation finale : le fabriquant peut tout simplement disposer de circuits ou de quantités d'approvisionnement qui lui permettent d'être compétitif. Une enquête avant la décision évitera bien des tracas. Exposez bien vos exigences, n'hésitez pas à fournir un plan tolérancé, dans les détails et discutez des garanties offertes.

La situation est un peu similaire lorsqu'il s'agit d'acheter du verre découpé. Si certains miroitiers proposent des tarifs au mètre carré selon l'épaisseur, d'autres affinent les leurs en fonction de la taille des vitres. C'est dans ce secteur que les tarifs sont les plus disparates, les différences de prix peuvent s'inverser lorsqu'on franchit un seuil de dimension. Les miroitiers n'axent pas leurs propositions pour satisfaire la clientèle aquariophile, marginale. Certains devis, pourront s'avérer plus chers qu'une cuve assemblée et parfois livrée. Plus que jamais, la comparaison est indispensable et ce, dans le plus large rayon autour de chez soi.

Le calculateur Calcul de dimensions et coûts de vitrages d'aquariums, permet de déterminer avec exactitude la taille de chaque vitrage selon l'épaisseur des joints, les dimensions des éventuels renforts et le besoin en colle. Pour les raisons citées plus haut, les tarifs indiqués sont une moyenne de plusieurs sources, donnés à titre indicatif et destinés à évaluer le montant du projet. Il est possible d'y inclure les tarifs réels. Ces données permettront de consulter le professionnel dont le devis sera précis.

2. Réalisation d'un aquarium

Vous n'avez pas trouvé de professionnel en mesure de réaliser votre projet, il ne présente pas toutes les garanties en cas de problème, votre budget est trop serré, vous aimez comprendre et réaliser par vous-même... autant de raisons pour mettre à l'épreuve vos talents de bricoleur. Il suffit d’être un peu minutieux et organisé. Cependant, pour la réalisation d’un premier aquarium, Il est préférable de se faire aider ou de débuter par un petit bac. Sachez qu'en cas de problème, cela peut représenter un frein pour la prise en charge par l'assureur, si toutefois la police d'assurance le stipule.

2.1. Récupérer d'anciens vitrages

Il faut rappeler qu'un verre vieillit. Il se produit au cours du temps une hydrolyse interne qui affecte progressivement sa résistance. Un verre ancien subi des rayures qui représentent autant de sièges de tensions, de microfissures, sources potentielles de rupture. Enfin, un verre ancien ne se découpe pas aussi facilement qu'un autre récemment fabriqué, voire pas du tout. Ces raisons imposent de ne pas destiner des verres recyclés à des usages structuraux, ou la sécurité des personnes est engagée.

2.1.1. Décoller les vitrages d'une cuve

L'opération est facile à réaliser en découpant les anciens joints au cutter. Quand, l'épaisseur du joint ne le permet pas, on peut tenter de passer un câble résistant tel que la corde à piano de diamètre à partir de 0.2 mm, ou du fil de pêche en acier, de 0,5 à 0.7 mm. Le silicone ne devrait pas résister longtemps a quelques mouvements de va et vient.

2.1.2. Éliminer les traces de colle silicone

Déstructurants de colle.

Selon la quantité de colle, il faudra araser puis dissoudre la colle, successivement et recommencer plusieurs fois. Un film de colle, réduit à sa plus faible épaisseur avec une lame de rasoir et mieux, un gratte vitres, se dissoudra plus facilement. Afin d'améliorer ce grattage, ramollir le film résiduel de colle, en passant un chiffon abondamment imbibé de solvant (alcool isopropylique, xylène, toluène, cyclohexane, acétone, white spirtit...). Une solution de 1% Fluorure de tétra-n-butylammonium trihydraté dilué dans du Dipropylene glycol monomethyl ether Dowanol DPM, a été utilisé avec succès.

Pour éliminer des dépôts plus épais, on peut utiliser un produit déstructurant destiné à dépolymériser le silicone. De compositions variables, ils se présentent en général sous forme de gels décapants constitués des distillats de pétrole avec des fonctions acides ou basiques, et de silice comme agent thixotrope (Dissolvant GEB, DAP Silicone-Be-Gone Silicone Remover, Rubson Enlève Joints silicone, Dip etanch Décap’Joints...). Lors du traitement, se protéger les mains et les yeux, étaler au pinceau, laisser agir 30 minutes ou plus jusqu'à ramollissement du silicone, puis gratter avant qu'il commence à sécher. Recommencer si besoin puis essuyer avec un chiffon et rincer à l'eau.

2.1.3. Atténuer des rayures

Les rayures gênent l'observation mais plus encore, elles constituent des amorces de rupture potentielles. Si elles se situent du côté extérieur, c'est à dire la surface fléchie en extension, il convient de remplacer la vitre. Si elles sont peu profondes, on peut tenter d'atténuer les rayures par polissage. Plusieurs procédés sont proposés :

Polissage avec un polish pour pare-brise.

Pour les très petites rayures sur verre float, essayer une pâte abrasive fine telle que du dentifrice, du blanc de Meudon, une pâte à polir de carrosserie ou rouge à polir (rouge d'Angleterre) mélangé avec de l'alcool ou de l'eau. Nettoyer et sécher la surface à traiter avec un chiffon doux sans peluche, appliquer la pâte sur les rayures, frotter en cercles une quinzaine de minutes, souvent plus, avec le chiffon ou une peau de chamois jusqu’à ce que la pâte ait disparu.

Plus efficacement, on peut polir le verre avec de l'oxyde de cérium, utilisé sur les pare-brise automobile, à condition que la rayure reste superficielle. Une rayure qui accroche sous l'ongle est déjà trop profonde. Les produits sont vendus en poudre (Restom Verre Brill 8100), parfois en kits de réparation (Glass Polishing Repair Kit, Kit de réparation GP-WIZ...). Dans un premier temps, il peut être nécessaire de dégrossir la surface avec des disques abrasifs de 5 à 10 µm. Puis polir au disque à lustrer monté sur une polisseuse : au préalable, tremper 10 mn le disque en feutre dans de l'eau ; laver la zone à polir, arroser la zone à petit débit ou avec une grosse éponge gorgée d’eau  ; mélanger l'oxyde de cérium avec de l'eau, dans une soucoupe ; rouler le feutre humide dans la soucoupe pour le charger de poudre de polissage ; polir en gestes larges, sans jamais échauffer le verre, sur une grande surface au-delà de la rayure ; nettoyer la zone travaillée et répéter les opérations jusqu’à obtention de la brillance ou de la transparence voulue.

Le polissage est un travail d'expert dont les résultats ne sont jamais garantis, il est fortement conseillé de procéder à des essais. La décision de polir se justifie surtout pour des aquariums volumineux, difficiles à remplacer.

2.2. Découpe du verre

Découpe du verre par Gabriel. Photo : Gabriel - Les Aqua'Pages de Gabriel.

Les découpes du verre doivent être précises et prévoir l’épaisseur des verres et de la colle silicone. La découpe manuelle par un miroitier est possible jusqu'à 8 mm. Au-delà, la elle est réalisée avec une machine automatique, parfois chez le verrier, avant expédition.

Avec de l'entrainement, l'amateur peut se lancer dans des découpes de l'ordre de 4 à 5 mm, sur des vitres dont les arêtes sont préalablement arasées au papier de verre ou à la pierre à poncer de manière a supprimer tout risque de coupure. La découpe s'effectue avec un coupe-verre à diamant, la molette étant pourvue de petits diamants synthétiques, ou avec une molette en acier trempé, éventuellement équipé d'une réserve de pétrole désaromatisé. L'opération nécessite un bon coup de main. Sans plus de détail, je vous invite à parcourir l'article Le travail du verre de Gabriel, bien expliqué et illustré en complétant par le visionnage de nombreuses vidéos sur le Net.

2.3. Perçage des trous

Le perçage d'une vitre est une opération qui génère des échauffements, des vibrations, des éclats, des microfissures... et qui de toutes façons la fragilise. On le sait, le verre "mémorise" ses maltraitances au cours de sa vie, au point de parfois l'écourter. Toutes précautions doivent donc être prises pour minimiser les agressions, autant que possible. Il est préférable de procéder au perçage des trous, sur des vitres posées à plat, avant collage, et mieux en usine en le signalant à la commande. Il est possible de réaliser des trous industriellement par perçage au diamant ou par découpe au jet d'eau, mais l'expérience montre que cette opération est tout à fait envisageable par des bricoleurs avertis. La résistance s'avère bonne, même si le verre n'a pas subi de durcissement ou de trempe après perçage comme cela est parfois conseillé.

2.3.1. Outillage

Forets, cloches et trépans diamantés.

L'élément essentiel est bien évidemment l'outil de coupe. Oublions les trépans en carbure de tungstène qui on vu éclater nombre de trous, ou les cloches en laiton associées à de la pâte à roder, qui permettaient parfois de percer le verre après une durée interminable et au prix de quelques litres de sueur, quand il ne se fendait pas sous l'éffet des inévitables échauffements. Les professionnels utilisent des trépans diamantés, parfois équipés de systèmes de centrage avec refroidissement par eau. Les particuliers peuvent maintenant utiliser sans réelle crainte, des forets ou des cloches très performants, enrobés de grains de diamant synthétique, à des prix compétitifs.

Guide à ventouse.

Sauf si le positionnement du trou n'est pas précis, un guide de perçage est nécessaire pour débuter le chemin d'abrasion et indispensable pour réaliser un trou de part et d'autre de la vitre. Il existe des guides de perçage, fixés par ventouse relativement encombrants, d'autres prépercés parfois vendus avec les cloches, mais un simple gabarit en bois troué au diamètre souhaité et fixé par serre-joints, peut faire l'affaire.

La perceuse peut être une perceuse à colonne dont la descente est commandée manuellement. En cas de perçage de parois verticales ou après collage, la perceuse portative avec variateur de vitesse est nécessaire. La présence d'eau pour le refroidissement impose d'utiliser un outillage basse tension ou un branchement moyenne tension, sécurisé par un disjoncteur différentiel 30 mA.

2.3.2. Mode opératoire

Centrage. Perçage lubrifié à l'eau.
  • Marquer la position du trou au feutre.
  • Pour éviter la chute de l'opercule de verre (et des résidus de polissage lorsque la découpe est faite sur un bac en eau), et pour améliorer la découpe en sortie de trou avec un minimum d'éclats, fixer une planchette sur la partie débouchant ou coller de l'adhésif épais.
  • Centrer et caler le gabarit, selon le trou : à la main, de l'adhésif, avec des serre-joints...
  • Débuter l'abrasion du verre à petite vitesse, jusqu'à creuser un sillon d'un millimètre.
  • Poursuivre le perçage, perpendiculairement à la vitre, en ajustant vitesse et pression, tout en réalisant un apport régulier d'eau de refroidissement. En cas de perçage d'une vitre horizontale, on peut réaliser, autour du trou, un bourrelet continu de pâte à modeler qui retiendra l'eau. Vérifier, par transparence la progression régulière du trou, verticalement.
  • Sur les verres épais, il peut être nécessaire, au 2/3 du trou, de poursuivre de la même manière, sur l'autre face.
  • Meuler un arrondi ou chanfrein de 1 mm sur les bords du trou, de manière à limiter les amorces de ruptures dues au microécaillage.
  • Lisser la paroi du trou au papier de verre, puis rincer et sécher.

La technique une fois maitrisée, il est possible de réaliser des perçages de bacs en eau après en avoir abaissé le niveau. Un adhésif collé sur la face interne de la zone à percer, retiendra les particules de verre au moment du débouchage.

2.4. Assemblage de la cuve

2.4.1. Colle silicone

La colle de liaison est un composant essentiel dans la ralisation d'un aquarium, tout autant que le verre lui-même. L'opérateur sait prendre toutes les précautions possibles dans la manipulation, la préparation et l'utilisation du verre, pour autant, il ne doit pas négliger la colle et le collage. On a parfois connaissance de vitres qui cassent, on constate bien plus souvent des fuites.

Comme on l'a vu dans l'article Aquarium en verre collé : Au cœur de la cuve, les colles silicone utilisées présentent quelques inconvénients. Lors de la vulcanisation par hydrolyse, la réaction acétique provoque la corrosion de certains métaux ; elle nécessite de prendre des précautions particulières en présence de verre renforcé ou feuilleté. Cette réaction est, par ailleurs, également très facilement inhibée par de nombreux polluants. Sa mise en œuvre impose quelques précautions indispensables pour obtenir un bon durcissement et l'adhérence attendue dans la durée. A titre d'exemple, on pourra suivre les recommandations de Manuel d’utilisation des silicones de Dow Corning.

Différentes colles utilisées.

La colle la plus utilisée est une colle à froid (CAF) parfois nommée RTV, Room temperature vulcanisation à base de silicone (polysiloxane) monocomposant. De type acétique elle dégage une odeur de vinaigre en durcissant. Lors de l'achat, il faut être attentif à la notion de colle. Le terme mastic est utilisé dans les structures en verre du bâtiment (liées par un joint élastomère et du mastic performant). Il l'est également pour les produits dont la fonction principale est l'étanchéité des équipements sanitaires. Ces derniers, à faible caractéristique d'adhésion et de cohésion ne sont évidemment pas appropriés pour le collage d'aquariums. Certains fabricants utilisant ces termes sans distinction, il est essentiel de vérifier leurs préconisations avant l'achat. Contrairement au secteur du bâtiment, il y a peu de contraintes règlementaires concernant les colles pour aquarium. La norme DIN 32622 en impose quelques-unes. On peut reconnaître à certaines sociétés, la volonté de renseigner l'aquariophile au travers de leurs fiches techniques : Silirub AQ, Soudal silicone aquarium... qui répondent à la norme DIN. Nombre d'autres références conviendront, dès lors que le fabricant s'engage pour cette application Bostik Marine Silicone, Zwaluw Aqua-Silicone.

La colle silicone soulève beaucoup d'interrogations :

  • La colle silicone est-elle sans risque pour les animaux ?
    D'une manière générale, les constituants à base de silicone sont peu nombreux et souvent appropriés pour les contacts alimentaires. Cependant la règlementation évolue et des constituants peuvent être contestés, c'est le cas de certains peroxydes ou d'autres composants ajoutés pour des usages ciblés. Condition essentielle, les colles pour aquariums doivent bien évidemment être déclarées non toxiques pour les animaux. Elles ne doivent pas contenir par exemple de produit fongicide ni, une fois durcies, libérer de substances pouvant être extraites dans l'eau à des concentrations létales. Encore une fois, même si la colle est performante, il faut s'assurer de l'engagement du fabricant avec une mention "pour aquarium".
  • La colle noire est-elle moins performante que la transparente ?
    La faible proportion de pigment noir n'entrave pas fondamentalement les caractéristiques du silicone, et l'amélioration de la résistance aux UV que l'on attribue généralement aux colorants noirs, n'a pas d'effet sur le silicone qui est de par sa nature, très résistant. Noire ou transparente, ce n'est qu'une question d'esthétique.
  • La colle silicone sèche-t-elle au fil des ans ?
    Même si les molécules polysiloxanes se présentent sous forme d'une huile très visqueuse, le produit final polymérisé puis vulcanisé par polycondensation amorcée avec l'humidité, n'est pas volatile aux températures exposées et très stable à haute température. Il n'y a rien à craindre, sa durée de vie est de l'ordre de 40 ans pour une utilisation à 90°C durant laquelle il conserve toute sa souplesse..
  • La colle silicone perd elle ses caractéristiques ?
    Il faut considérer tous les stades d'emploi.
    - Avant utilisation, le produit sensible à l'humidité peut durcir prématurément même dans son contenant supposé étanche. Il doit donc être entreposé, comme bien souvent les produits réactifs, à une température de 15 à 30 °C maximum et utilisé avant sa date de péremption, en général de 12 à 27 mois.
    - A l'utilisation, sensible à toute forme de pollution au moment de sa fabrication ou de son utilisation, la réaction de durcissement peut être rapidement inhibée. Dans ce dernier cas, la colle reste molle, sans véritable cohésion et cela se perçoit assez vite au toucher : elle reste poisseuse. Indépendamment de la conformité de la colle, toute utilisation d'un produit polluant, directement ou indirectement par le biais d'un solvant, peut nuire à la cohésion à l'interface colle/verre. Ce défaut peut malheureusement se détecter bien plus tard, après des mois, voire des années.
    - Après utilisation, une fois durcie et si la cuve est conçue de telle sorte que le joint n'est pas sollicité au-delà sa limite élastique, la colle reste en deça de ses limites d'utilisation et il n'y a pas lieu de craindre de dégradation.
  • Doit-on traiter la surface du verre avant collage ?
    Il existe des produits de traitement dits "apprêts", des dégraissants contenant des silanes (Firts 1 de Den Braven Sealants) dont on sait qu'ils sont d'excellents promoteurs d'adhérence. Ces produits, utiles dans le cas de surfaces difficiles comme par exemple la réfection de joints, s'avèrent inutiles dans le cas du collage du verre correctement dégraissé et sec, avec les colles silicone dédiées au collage d'aquariums. La pose d'un apprêt peut, au contraire, être néfaste au collage si elle n'est pas réalisée avec soin, notamment si on en dépose plus que nécessaire. Une bonne raison de s'en dispenser pour ne pas rajouter une source de problème.
  • Les colles-mastics hybrides MS (Polymères-silanes modifiés) sont-elles adaptées au collage des aquariums ?
    Malgré les caractéristiques étonnantes et prometteuses de ces produits, les fabricants ne les destinent pas encore au collage de cuves en verre.

2.4.2. Moyens de collage

La colle est déposée au moyen d'un pistolet à colle (ou à calfater) adapté aux cartouches de 310 ml les plus couramment utilisées par les particuliers. Les plus simples, adaptés à des collages occasionnels, sont manuels. Les modèles sont nombreux et plus ou moins performants. La dépose de la colle est une opération délicate ; les fonctions étanchéité, adhérence et esthétique sont importantes, on choisira donc de préférence un modèle solide, fiable dont la gâchette permet d'extruder un cordon régulier. Pour les grandes cuves on peut préférer un pistolet électrique sur secteur ou rechargeable avec batterie, dont les prix sont devenus abordables pour les particuliers et les associations. Le réglage électronique du débit est effectué en continu. Certains modèles disposent d'un indicateur de niveau de remplissage. Quand il faut injecter un volume important de colle comme c'est le cas pour les façades encastrées dans des montants maçonnés ou si l'on doit réaliser des joints régulièrement, on peut s'orienter vers des pistolets pneumatiques. La pression de l'air, appliquée à l'arrière de la cartouche, permet de régler l'avancement du cordon. Les modèles les plus élaborés disposent d'un piston intermédiaire garantissant l'absence de contact air/colle et sont munis d'un réglage fin du débit.

Pistolet manuel.
Pistolet électrique sur secteur.
Pistolet Wolfcraft rechargeable.
Pistolet à air comprimé.

2.4.3. Environnement de collage

Mode de collage B, par injection de la colle entre les vitres fixées.Photo : Denis TOURNASSAT

Le mode d'assemblage des vitres étant déterminé, les trous perforés, la colle et le matériel disponibles, il est temps d'organiser le lieu de travail.

L'environnement doit permettre d'éviter tout problème de condensation : les vitres doivent être entreposées 24 heures avant les opérations dans le local d'assemblage, de manière à ce que tous les composants soient à la même température. Le local est à température stabilisée entre 12°C et 30°C, avec un taux d'humidité relative, supérieur à 40 % et inférieur à 80 %, à l'abri des poussières, des solvants, de tous polluants et des courants d'air. Dans la mesure du possible, il est préférable de travailler à hauteur d'homme, sur un plateau rigide et plan. Protéger éventuellement la surface de travail par un papier journal, kratft, contre les dépots de colle. Dégager les allées de circulation.

2.4.5. Modes de collage des vitrages

Selon le cas, on peut opérer suivant deux modes de collage :

  • A - Mode de collage par dépose de la colle : pour les petits volumes on encolle les vitres avant de les positionner à leur place définitive.
  • B - Mode de collage par injection de la colle : pour les grands volumes il est préférable de fixer les vitres non encollées à leur position définitive pour injecter ensuite la colle entre les vitrages. Cette méthode permet de se concentrer sur la manipulation des vitres lourdes, de prendre le temps nécessaire aux calages et de procéder plus tard au collage qui sera exécuté en une opération continue.

2.4.6. Préparation du collage

A propos des solvants de nettoyage

Tous les solvants ne garantissent pas l'élimination des agents pouvant contaminer le silicone. Privilégier les produits les plus purs, dans leur emballage d'origine. Exclure les alcools dénaturés, bannir les contenants douteux, ne pas utiliser de solvants en contact prolongé avec l'air environnant. Des solvants puissants tels que l'acétone, le méthyl éthyle cétone, le xylène, sont adaptés pour le dégraissage des vitres. En présence de matériaux sensibles, dans le cas de collage in-situ, choisir des solvants plus doux comme l'alcool isopropylique ou l'essence de térébenthine.

Le mode opératoire évolue quelque peu en fonction du mode de collage choisi :

  • Repérer chaque glace : marquer les vitrages avant, arrière, gauche, droit, haut et fond en prenant soin de cacher les petits défauts avec de préférence, les éventuelles rayures du côté de l'eau (fig. 9a).
  • Masques de protection : Si l'on souhaite un travail fini, dégraisser rapidement les bordures pour coller une bande adhésive de protection, utilisée pour la peinture en bâtiment, permettant d'obtenir un recouvrement des joints de 5 mm environ (fig. 9b). Tenir compte de la présence éventuelle d'une vitre et rajouter son épaisseur. Biseauter les rubans protecteurs dans les angles de façon à les retirer plus facilement, sans interférer sur les autres joints qui ne seront pas au même stade de durcissement.
  • Dégraisser, nettoyer et sécher : dégraisser avec un solvant sûr (voir ci-contre). Nettoyer et sécher avant son évaporation, selon la méthode "à deux chiffons", décrite ci-contre, préconisée par les concepteurs de vitrages structuraux. Comme on le sait, la réussite d'un collage tient avant tout à la préparation des surfaces. Ces recommandations, et notamment le séchage, ont toutes leur importance. Ceux qui ont vécu une inondation à la suite d'un joint décollé, après seulement un an ou deux, sans raison apparente, en sont convaincus.

Méthode de nettoyage "à deux chiffons"

Les chiffons sont propres, doux, absorbants et non pelucheux. Verser le solvant sur la vitre ou sur le premier chiffon (ne pas mettre le chiffon en contact du goulot du récipient pour éviter toute contamination) puis frotter vigoureusement jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de saleté. Essuyez immédiatement la partie nettoyée, avant évaporation du solvant, avec un autre chiffon propre et sec pour éliminer les contaminants. Répéter les opérations si nécessaire

  • Positionner le fond (mode de collage A) : sans jamais poser les doigts sur les zones à coller, mettre en place la vitre du fond sur le plan de travail ou à l'emplacement définitif dans le cas de gros volumes. Dans ce dernier cas, intercaler à ce stade une feuille d'un matériau semi rigide (polyéthylène, liège...) entre le support et le fond. Cette dernière est destinée à absorber les petites irrégularités ou les corps étrangers.
  • Coller des attaches adhésives (fig. 9c) sous le fond, environ tous les 40 cm. L'autre extrémité de l'adhésif restant en attente d'être collée au bas des vitres verticales. L'adhésif choisi, qui devra maintenir toutes les vitres de la cuve le temps du séchage de la colle, doit être large, solide et adhérer fortement au verre, comme ceux destinés à l'emballage.
Figure 9 : Assemblage des vitrages
a : Repérage et disposition du ruban.
b : Recouvrement du joint, de 5 mm.
c : Attaches adhésives réparties sous le fond.
Illustrations : Denis TOURNASSAT

2.4.7. Collage des vitrages

  1. Collage des vitres. Couper la buse de colle approximativement au diamètre de l'épaisseur du verre.
    • Mode de collage A : les vitres sont collées dans l'ordre : une face, un côté, l'autre côté puis l'autre face.
    • Déposer un cordon de colle sur la vitre en face du champ à coller. Extruder la colle de manière ininterrompue en tirant un cordon régulier sur les tranches à coller.
    • Positionner une face contre le fond, puis un côté contre cette face et le fond. Les maintenir avec une équerre d'angle.
    • Entre chaque bordure de vitre, insérer deux cales "espaceurs" (allumettes...) de l'épaisseur du joint, par mètre de longueur.
    • Régler les équerrages en jouant sur les équerres d'angles et les brider. Retirer les cales d'épaisseur hautes, conserver celles en partie basse.
    • Appliquer les bandes adhésives en attente, au fond. Appliquer d'autres bandes adhésives sur les côtés verticaux de la cuve de manière à interdire tout écartement lors de la pose du joint.
    • Retirer les cales d'épaisseur restant, au fur et à mesure de l'avancement du cordon.
    • Procéder de même avec l'autre côté puis la seconde face, maintenus par des équerres d'angle.

      Mode de collage B : Les vitrages sont maintenus à leur position définitive, par des pressse à cadres et des adhésifs après avoir intercalé des cales d'épaisseur.
    • Extruder la colle de manière ininterrompue, sans bulle ni filet : il faut exercer une pression sur le cordon de colle pour remplir l'espace de joint entre les vitrages, sur toute sa largeur. Pour ce, pousser le cordon en avant du bec applicateur en vérifiant l'absence de bulle durant l'application. Cette étape est importante car l’efficacité du collage silicone dépend du bon contact à la surface du joint. Pour les grandes longueurs et un travail plus régulier, utiliser un pistolet automatique.
    • Retirer les cales d'épaisseur au fur et à mesure de l'avancement du cordon.
    Selon le mode de collage choisi, vérifier que la vitre n'a pas fléchi sous la pression de la colle. Corriger si besoin pour conserver l'épaisseur de joint souhaitée.
  2. Lisser le cordon immédiatement, avant que la colle ne commence à former une peau : après encollage des vitres si la cuve est petite ou peu après la dépose de la colle si la cuve est volumineuse. Lisser en forme triangulaire d'environ 5 mm de côté, en pressant sans écarter la vitre. Pour certaines cuves d'exposition, cette opération aura des répercusions sur l'esthétique, il convient de la réaliser soigneusement et régulièrement.
    Le doigt est efficace mais peu pratique et finalement inesthétique. L'eau, savonnée ou non, bien que parfois mentionnée dans les fiches techniques n'est pas conseillée dans la recherche du meilleur résultat. Ne pas lisser avec un quelconque solvant (alcool...) qui risque d'inhiber la réaction de polycondensation et finalement de nuire à l'adhésion. Le commerce propose des lisseurs (fig. 10b) qui nécessitent d'être trempés dans l'eau savonneuse donc décommandés pour des collages critiques. Une pomme de terre taillée au profil souhaité (fig. 10c) reste un très bon compromis. Elle glisse toujours régulièrement sans adhérer à la colle. L'eau libérée par le tubercule de pomme de terre s'avère ne pas affecter le durcissement de la colle.
  3. Ôter le masque protecteur, toujours avant lle début du durcissement, environ 15 minutes après extrusion.
  4. Laisser durcir la colle, sans bouger la cuve ni assécher le local, durant quelques jours. A ce stade, le joint n'a pas terminé son total durcissement.
  5. Décoller les adhésifs en dessous et autour de la cuve.
  6. Araser les bourrelets de colle durcie, avec un cutter, sans entamer l'intérieur du joint, bien sûr.
Figure 10 : Quelques étapes d'assemblage des vitrages
a : Disposition des vitrages avant collage. Mode de collage A.
b : Lissage au lisseur.
c : Lissage avec pomme de terre taillée.
d : L'écartement des joints est provisoirement assuré par des cales. Des presses à cadre maintiennent les vitres en place, perpendiculaires.
Photos : Denis TOURNASSAT

 

2.5. Collage des renforts

Modes de calage pour le collage des renforts. Illustration : Denis TOURNASSAT

La cuve étant nettoyée, si on a prévu des renforts il est temps de passer à la mise en place des traverses ou ceintures. En aquariophilie récifale il est d'usage de profiter au maximum du volume d'eau et donc d'implanter les renforts assez hauts. Un espece de 2 à 5 mm entre le bord supérieur et le renfort permet ce gain d'espace pour les animaux et empêche l'eau qui s'y dépose inévitablement, de couler vers l'extérieur. Les ceintures peuvent être de plus, légèrement inclinées de 1°, vers l'intérieur de la cuve afin de faciliter le retour de l'eau dans le bac.

Plusieurs méthodes permettent de caler les renforts, qu'il s'agisse de traverses ou de ceintures. L'illustration ci-contre en présente deux :

  • A : Le renfort est serré contre un longeron qui prend appui sur la cuve.
  • B :Le renfort est supporté par un longeron fixé à la vitre latérale.

La colle est déposée sur les vitres, dans la zone où le renfort viendra en contact préalablement délimitée au marqueur. La traverse est descendue à son emplacement, le raidisseur est poussé contre la vitre en conservant une épaisseur de 0.5 mm pour le joint. Le collage des extrémités du raidisseur peut aussi être réalisé dans un second temps. Lisser les joints si nécessaire et procéder ainsi pour tous les éléments des renforts. Retirer les longerons après 24 heures et araser au cutter les bourrelets excédentaires.

2.6. Durcissement et test d'étanchéité

La colle silicone durcit à cœur à raison de 2 mm par 24 h dans un environnement de 20 °C et 65 % d'humidité relative. Il faut rajouter deux jours en cas de recouvrement par un joint de 5 mm (fig 9b), comme le détermine le tableau 7.

Tableau 7 : Durée de durcissement de joint sans et avec recouvrement triangulaire de 5 mm
  Epaisseur verre (mm)
4 mm 5 mm 6 mm 8 mm 10 mm 12 mm 15 mm 19 mm 25 mm
sans recouvrement 2 j 2,5 j 3 j 4 j 5 j 6 j 7,5 j 9,5 j 12,5 j
avec recouvrement 4 j 4,5 j 5 j 6 j 7 j 8 j 9,5 j 11,5 j 14,5 j

 

Pour procéder au test d'étanchéité, intercaler une feuille de papier journal dessous la cuve. Remplir d'eau au maximum et vérifier l'absence de trace d'humidité sur le papier après 24 heures. Si les principes ci-dessus ont été respectés, tout au plus y aura-t-il une microfuite. Vider alors l'aquarium et sécher le secteur de la fuite. Découper le recouvrement du joint de quelques centimètres autour de la fuite. Sécher à l'acétone, colmater avec la colle silicone et lisser.

2.7. Déplacer la cuve

Ventouses robustes adaptées au portage de charges lourdes.

Si le collage n'a pas été réalisé in situ, il faut transporter la cuve jusqu'à son emplacement final... sans contracture musculaire. C'est l'occasion de rassembler les amis. Des gants secs, en caoutchouc, à la bonne taille, permettent d'améliorer la prise sur le verre. Pour les gros volumes, on peut s'aider de ventouses à pompe. La ventouse adhère au verre par dépression entre le caoutchouc et la surface à porter. Il en existe de tous types, simples, doubles ou quadruples, en plastique, à levier ou pompe, avec indicateur de vide... Pour cette tâche risquée, il est préférable de privilégier des modèles robustes. Ceux avec poignée et carter métalliques, et ventouses à plusieurs lèvres, ont fait leurs preuves. Certaines poignées peuvent soulever jusqu'à 140 daN. Les équipements fiables sont relativement chers. Il est possible de les louer, à moins que votre miroitier soit en mesure de vous en prêter. Notons que les charges annoncées par le fabricant sont, en principe, données pour un effort perpendiculaire à la surface soulevée. Lors du transport d'une cuve, la charge est tangentielle à la surface et, pour conserver son coefficient de sécurité, la capacité de la ventouse doit être divisée par deux.

2.8. Montage des passe-parois

Le bac est totalement nettoyé, les vitres transparentes, pourquoi ne pas monter les passe-parois !

Enduire le joint avec de la colle ?

La pratique qui consistait à enduire, juste avant serrage, le joint en caoutchouc avec de la colle silicone dans l'espoir d'améliorer l'étanchéité à long terme, est totalement proscrit. En effet, son effet lubrifiant, tend à faire glisser le joint au moment du serrage rendu plus facile. L'effort de serrage, poussé au-delà de la limite élastique du matériau, génère une déformation résiduelle irréversible (fluage) suivi d'une diminution du serrage (relaxation) qui conduit à un joint rapidement inopérant et le risque de fuite. Bien au contraire, le joint et les vitres doivent être dégraissés, propres et secs au moment de la pose.

2.8.1. Passe-paroi rigide

Les passe-parois en PVC de type Van De Lande B.V préconisés (fig 6) sont pourvus d'un joint en élastomère EPDM et d'une rondelle en plastique. Le joint en caoutchouc (noir dans les illustrations ci-dessous) est souple, il assure lui-seul l'étanchéité. La rondelle en plastique (blanc dans les illustrations ci-dessous), de dureté intermédiaire, assure le bon appui de l'écrou. Son faible coefficient de frottement facilite le serrage en rotation. Cette dernière n'assure aucune étanchéité.

Pour obtenir l'étanchéité, le joint en caoutchouc et la bague plastique doivent être positionnés à leurs emplacements corrects. La figure 11a présente la configuration recommandée, le joint en caoutchouc étant placé à l'intérieur de l'aquarium. Le montage représenté par la figure 11b, assure l'étanchéité mais le passe-cloison est bien moins accessible, à l'intérieur de l'aquarium. Les montages des figures 11c et 11d sont interdits, ils n'empêchent pas l'eau de s'infiltrer au niveau du diamètre intérieur du joint caoutchouc ou par le filetage.

Fig 11 : Montage d'un passe-cloison
a : Montage préconisé, étanche.
b : Montage déconseillé, le passe paroi est peu accessible.
c : Montage interdit, source de fuite.
d : Montage interdit, source de fuite.
Illustrations : Denis TOURNASSAT

Joint Uniseal© en élastomère

Le joint Uniseal© choisi en élastomère EPDM ou en Alcryn© est suffisamment souple pour un montage facile. Insérer le joint dans le trou, le flasque le plus large étant du côté ou le tuyayu sera inséré. Éliminer toute bavure à l'extrémité du tuyau ; un léger chanfrein sur le bord externe facilitera le montage. Mouiller l'extérieur du tuyau et l'intérieur de l'Uniseal© avec de l'eau savonnée ou un lubrifiant au silicone, le positionner du côté du grand flasque et pousser en force. Le tuyau écartera le joint Uniseal© et le coincera dans son logement assurant ainsi l'étanchéité, même sur des surfaces légèrement courbes.

Surveiller régulièrement l'absence de fuite.

2.9. Protéger le fond de cuve

Toute belle, si elle n'a pas été collée à son emplacement définitif, la cuve pourra être installée sur son support, plan, correctement dimensionné. Le verre supporte quelques petits défauts de planéité du support mais il sera plus sensible aux irrégularités locales (grain de béton, tête de vis, corps étranger...). Il est d'usage d'intercaler une feuille imputrescible, mi-dure (polystyrène, polyethylène haute densité, liège, caoutchouc, lino...), de 2 à 3 mm d'épaisseur, de nature à absorber les petites irrégularités.

3. Face aux problèmes

3.1. Un renfort s'est décollé !

Le raidisseur s'est décollé, la vitre accuse une déformation importante. Il est temps de réagir !

Le renfort, traverse ou raidisseur, est décollé et la face fléchit d'une manière inquiétante. Pas de panique ! L'aquarium a été dimensionné en suivant les principes ci-dessus, c'est à dire avec un coefficient de sécurité adapté et donc, cet évènement est pris en compte. La face peut supporter quelques jours une flexion excessive, le temps de la réparer.

Le premier réflex est de soulager la vitre, par exemple avec un serre-joint à pompe de grande longueur (il en existe jusqu'à 1500 mm), en ayant pris soin d'intercaler des cales en bois entre le verre et les mâchoires. Ramener l'écartement des faces opposées à leur valeur initiale. On peut ainsi prendre le temps d'analyser la situation et de procéder aux réparations sans précipitation.

3.2. L'aquarium fuit !

C'est malheureusement une situation trop fréquente tant les causes sont nombreuses (décollement du joint, vitre fendue, joint grignoté par un ver polychète, assembleur inexpérimenté...). Localiser la fuite n'est pas toujours chose facile, notamment quand le bac est volumineux et en eau. Un peu de papier absorbant dans la zone suspecte permettra de cerner l'emplacement exact.

En situation d'urgence, il faut limiter les inondations :

  • Si la fuite est proche de la surface : vider l'aquarium en dessous de la fuite.
  • Si la fuite est en partie basse, colmater provisoirement avec un mastic-colle MS polymère hybride de type CC2000 pro HM de Texton ou Orca d'Aquarium Munster, non toxique, qui adhère et durcit dans l'eau.

Analyser et réparer la fuite :

  • Abaisser le niveau d'eau en dessous de la fuite ou vider l'aquarium, sécher et nettoyer la zone de fuite.
  • Réparer selon la cause de la fuite :
    - La fuite est localisée, interne au joint qui parait sain : il peut s'agir d'un ver affamé, d'un coup de lame ou d'une mauvaise jonction du cordon de colle qui s'est déclarée plus tard. Le problème est probablement mineur et n'affecte pas la solidité de la cuve. Retirer partiellement le joint autour de la zone concernée, dégraisser, sécher et colmater avec de la colle silicone en suivant les recommandations exposées plus haut.
    - La fuite se situe à l'interface joint/verre : cela peut mettre en évidence un problème d'adhérence plus inquiétant, dû à des tensions excessives, une colle légèrement inhibée, une pollution du solvant de nettoyage ou de la condensation superficielle lors de l'opération de collage. Les problèmes se déclarent malheureusement souvent après plusieurs mois ou années. Tenter de tirer le joint avec une pince ou de le pousser en plusieurs endroits. Si le joint résiste, on peut s'en tenir à un colmatage comme ci-dessus suivi d'une surveillance accrue. Si le cordon de colle se détache relativement facilement toujours à l'interface verre/colle, le problème est grave et il faut envisager le désassemblage de tous les vitrages et la réfection de la cuve.

3.3. Assurer les dommages causés par l'aquarium

L'aquarium est terminé, il va bientôt être mis en eau, avec parfois beaucoup d'eau ! Il justifie une police d'assurance adaptée compte tenu des dommages qu’il peut occasionner en cas de problème. Une fuite peut générer des inondations proportionnellement à son volume, jusque chez des voisins, provoquer la destruction d'équipements et en cas de rupture brutale, entrainer des blessures graves sur des personnes. Il est impératif de l'inclure dans l'assurance habitation. Le propriétaire est ainsi protégé des dégâts qu'il pourrait causer et sera indemnisé.

  • Informer l’assureur ?
    Il faut en informer l'assureur, c'est impératif. En cas de sinistre, la compagnie d’assurances pourrait faire état d'un manque de transparence pour revoir à la baisse le montant de l'indemnisation ou, pire, procéder à la résiliation pure et simple du contrat. C'est aussi l'ocasion de faire le point sur l'étendue de la couverture de la police d'assurance dans ce cas particulier.
Extrait du film Mission impossible, Tom Cruise était-il bien assuré ?
  • Garantie dégât des eaux :
    Certaines compagnies d'assurance prévoient dans leurs formules de contrat d'assurance habitation multirisques une garantie dégât des eaux dus à l'aquarium sans toutefois préciser systématiquement si il existe des limites de volume. Certains assureurs enfin, n'assurent pas les dégâts des eaux d'aquariums de très grande taille. Il est donc préférable de vérifier la garantie "Dégâts des eaux" du contrat et, si les clauses ne mentionnent rien explicitement, il est souhaitable de contacter son assureur.
  • Garantie bris de glace :
    La garantie bris de glace est souvent incluse automatiquement au contrat d’assurance habitation. Elle couvre alors aussi bien les éléments vitrés intérieur qu’extérieur, les vitres intégrées aux meubles et les objets (aquariums) comme les parties de l'habitation. La compagnie d’assurance peut même proposer un réparateur agréé qu'elle réglera directement. Mais cette disposition n'est pas systématique. En effet, certains contrats prévoient cette clause et en excluent les miroirs, les mobiliers en verre et les aquariums qu'ils considèrent comme des meubles. S'assurer que les aquariums sont explicitement indiqués et si besoin, les inclure dans l'assurance multirisque ou une assurance complémentaire. Vérifier également si cette clause ne fait pas l'objet d'une franchise, souvent automatique, dont le montant peut déterminer le choix de l'assureur.
  • Garantie animaux :
    L 'assurance couvre les dégâts causés par l'aquarium (dégâts des eaux) et éventuellement l'aquarium (bris de glace), mais en aucun cas les animaux hébergés, ni les équipements de l'installation. Il n'existe pas d'assurance prenant en charge les animaux chez les particuliers. Les poissons font plutôt partie des exclusions du fait de leur fragilité. Certaines assurances consentent toutefois à couvrir les animaux, par exemple en cas de panne électrique ayant entraîné la mort des poissons, à travers une garantie dommage électrique. C'est un aspect à négocier avec l'assureur.

    Les extensions de contrat pourront engendrer un cout supplémentaire, tout dépend de la politique commerciale de l'assureur, de l'ancienneté de l'assuré ainsi que de l'historique des sinistres antérieurs. À cette occasion, il sera peut-être nécessaire de réévaluer le montant du capital mobilier. Il sera éventuellement utile de signaler, si l'aquarium est de fabrication professionnelle ou non.

  • Un ami est à l'origine de la casse ou de la fuite...
    Par exemple en buttant sur l'aquarium, à condition que l'évènement ne soit pas lié à une négligence de la part du propriétaire, c'est sa garantie responsabilité civile qui va jouer et rembourser les dégâts causés.
  • Déclarer :
    En cas de dommage, signaler le problème à l'assureur dans le délai stipulé au contrat. Selon ses consignes, vous devrez faire appel à un professionnel pour les réparations. L'assureur pourra procéder au remboursement, à réception de la facture.

 

Assuré, rassuré !


L'installation est en place, la grande aventure du nouvel aquarium récifal peut commencer !

 

En savoir plus *

 

Tous mes remerciements aux Acros de Cap récifal, pour leur soutien.

Denis TOURNASSAT

Article publié par Cap récifal le 08 juillet 2015 avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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